Publié le 7 novembre 2023 13h53. Le cancer de l’estomac, sixième cancer le plus fréquent au Mexique, est souvent lié à la présence de la bactérie Helicobacter pylori. Une détection et une éradication précoces de cette bactérie pourraient réduire significativement l’incidence de la maladie.
- Le cancer gastrique est responsable d’environ 7 000 décès chaque année au Mexique.
- Plus de la moitié des cas se localisent dans la partie inférieure de l’estomac et sont liés à Helicobacter pylori.
- L’éradication de la bactérie Helicobacter pylori pourrait réduire les cas de cancer gastrique de 80 %.
Le cancer de l’estomac représente un problème de santé publique important au Mexique. Selon l’Association mexicaine de gastroentérologie (AMG), il s’agit du sixième cancer le plus répandu dans le pays, causant chaque année environ 7 000 décès. Une caractéristique notable est que plus de la moitié des cas se développent dans la partie inférieure de l’estomac et sont étroitement associés à la présence de la bactérie Helicobacter pylori.
La difficulté de diagnostic précoce réside dans la similitude des symptômes entre la dyspepsie, la gastrite et les premiers stades du cancer gastrique. Alejandra Noble Lugo, vice-présidente de l’AMG, souligne l’importance d’être attentif aux signaux d’alerte tels que des douleurs dans la partie supérieure de l’abdomen, des brûlures d’estomac, une sensation de faim constante ou, au contraire, une satiété rapide après avoir commencé à manger. Des nausées persistantes peuvent également être un indicateur.
Les signes avant-coureurs plus avancés incluent une perte de poids inexpliquée, une sensation de satiété précoce, des vomissements fréquents, une anémie ferriprive et des saignements gastro-intestinaux. Cependant, il est crucial de noter que la bactérie Helicobacter pylori, présente chez 70 % de la population mexicaine, peut être détectée et traitée avant l’apparition de ces problèmes.
Selon les experts de l’AMG, l’éradication de cette bactérie pourrait réduire de 80 % le nombre de cas de cancer gastrique. Bien que la prévalence de la maladie se situe entre 1 et 3 % de la population, le nombre élevé de personnes porteuses de Helicobacter pylori explique l’importance de la situation. D’autres facteurs de risque, tels que la consommation excessive d’alcool, le tabagisme, une alimentation riche en aliments salés et fumés, ainsi qu’une prédisposition génétique, contribuent également au développement du cancer de l’estomac.
En matière de génétique, entre 40 et 80 % des cas de cancer gastrique sont liés à la cytotoxine associée au gène Cag A. José María Remes Troche, président de l’AMG, rappelle que la présence de Helicobacter pylori est documentée depuis des siècles, mais son lien avec les ulcères gastriques et les tumeurs malignes n’a été établi que dans les années 1980.
La recherche a démontré qu’un traitement combinant des antiacides et des antibiotiques peut permettre d’éradiquer cette bactérie, capable de survivre dans l’environnement acide de l’estomac. Cependant, l’augmentation de la résistance aux antibiotiques représente un défi majeur. L’AMG a annoncé le lancement d’un projet pilote visant à évaluer l’efficacité d’un traitement combiné pour réduire l’incidence du cancer gastrique dans la population.
Selon le chercheur et membre de l’Académie nationale de médecine, l’éradication de Helicobacter pylori devrait être une priorité de santé publique en raison de son caractère endémique et du taux de réinfection, qui avoisine les 20 %.
