Publié le 12 juin 2024. Les consommateurs européens, dont les Irlandais, devront bientôt s’acquitter de frais supplémentaires pour leurs achats en ligne de faible valeur en provenance de l’extérieur de l’Union européenne. Cette décision vise à protéger les commerces de détail européens face à la concurrence des plateformes à bas prix.
- Une taxe de 3 € sera appliquée aux colis de moins de 150 € entrant dans l’UE.
- Cette mesure entrera en vigueur le 1er juillet 2026.
- Les plateformes comme Temu et Shein seront particulièrement concernées.
L’Union européenne a voté pour l’instauration d’une nouvelle taxe sur les petits colis importés, principalement en provenance de Chine. À partir du 1er juillet 2026, les consommateurs irlandais, comme tous les citoyens européens, devront payer 3 € de frais supplémentaires pour chaque commande en ligne inférieure à 150 € (environ 165 dollars américains). Cette mesure, selon Bruxelles, est essentielle pour garantir une concurrence équitable et soutenir les commerces de détail européens.
Cette taxe est une solution temporaire, en attendant la mise en place d’un centre de données douanières européen en 2028. Les chiffres de l’UE indiquent qu’en 2024, jusqu’à 12 millions de petits objets pourraient être concernés par ces frais chaque jour. Les droits seront facturés par colis, ce qui signifie qu’une commande contenant plusieurs articles ne sera pas soumise à des frais multiples. Ces frais pourraient également s’ajouter aux frais de traitement des colis de commerce électronique, dont les modalités sont encore en cours de négociation.
La Commission européenne justifie cette décision par la nécessité de compenser les autorités douanières pour les coûts croissants liés à l’augmentation du volume de colis. Selon Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce,
« Avec le développement rapide du commerce électronique, le monde évolue rapidement – et nous avons besoin des bons outils pour suivre le rythme. »
Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce
Il souligne que cette décision est cruciale pour assurer une concurrence loyale à l’ère du commerce électronique.
Le volume des petites commandes adressées aux consommateurs européens a connu une augmentation significative ces dernières années. En 2024, 4,6 milliards de commandes d’une valeur inférieure à 150 € ont été importées dans l’UE, contre 2,4 milliards en 2023 et 1,4 milliard en 2022, selon les données de la Commission européenne. Près de 91 % de ces expéditions provenaient de Chine.
L’eurodéputé irlandais Barry Andrews a salué cette mesure, la qualifiant de « très bienvenue », tout en soulignant la nécessité d’une vigilance continue. Il a averti que
« les États membres de l’UE devront l’augmenter à l’avenir si les 3 euros ne s’avèrent pas efficaces pour endiguer le flot de livraisons bon marché en provenance de Chine ».
Barry Andrews, eurodéputé irlandais
Il a également mis en garde contre les conséquences négatives de l’achat compulsif de vêtements à bas prix, notamment en termes de pollution environnementale, d’exploitation des travailleurs et de préjudice causé aux entreprises européennes.
Selon M. Andrews, les réglementations douanières actuelles favorisent injustement la « mode ultra-rapide » et les géants du commerce en ligne à bas prix comme Shein et Temu, en permettant à des millions de petits colis d’entrer dans l’UE sans contrôles approfondis ni frais de douane. Il insiste sur la nécessité pour l’UE d’être prête à prendre des mesures supplémentaires pour protéger son marché unique.
La Commission européenne a réaffirmé son engagement à moderniser la gestion du commerce au sein de l’UE et à créer un environnement numérique qui facilite le commerce international tout en protégeant le marché unique. Elle a salué la décision des États membres comme une étape importante pour protéger les commerces de détail européens.
