La Chine a mis en place une politique zéro-tarif pour 53 pays africains, dont le Kenya, depuis le 1er mai 2026, offrant un accès gratuit aux marchés chinois pour les exportations agricoles et minérales. Cette mesure vise à rééquilibrer le commerce entre les deux régions, mais des défis restent pour les producteurs kényans.
La politique zéro-tarif de la Chine et son impact sur l’agriculture kényane
Depuis le 1er mai 2026, la Chine a supprimé les droits de douane sur 100 % des produits exportés par 53 pays africains, dont le Kenya, ouvrant un accès direct à un marché de 1,4 milliard de consommateurs. Cette mesure vise à stimuler les échanges commerciaux et à réduire la dépendance du Kenya aux marchés européens et du Moyen-Orient. Pour les producteurs kényans, cela représente une opportunité de diversifier leurs exportations, notamment dans les secteurs du thé, des avocats et des noix de macadamia, qui ont historiquement subi des tarifs de 8 à 30 %.

Le thé kényan bénéficie de cette mesure. Selon Capitalfm, les droits de 15 % sur les exportations de thé ont été supprimés, améliorant sa compétitivité. Une première livraison commerciale de 15,125 tonnes a été expédiée vers la Chine en juin, marquant une étape clé pour les producteurs. « La suppression des tarifs élimine un obstacle majeur à l’accès aux marchés mondiaux », a déclaré Dr. Mulaku Lemi Nyongeza, professeur à l’Université de Nairobi, cité par Capitalfm.
L’essor des importations africaines en Chine
Les données douanières montrent une hausse significative des importations africaines en Chine. Selon South China Morning Post, les importations de minerais critiques ont augmenté de 21,1 % en mai et de 40,2 % en juin. Cette croissance reflète la demande chinoise croissante en matières premières pour l’industrie de l’énergie verte et des technologies avancées.

Le pétrole brut africain, qui représente une part importante des importations chinoises, a également connu une augmentation de 21 % en mai, atteignant 3,11 milliards de dollars. Cette dynamique est liée aux tensions géopolitiques, notamment le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui perturbe les flux pétroliers via le détroit d’Ormuz.
Les défis pour les exportateurs kényans
Malgré l’opportunité, les producteurs kényans doivent surmonter des obstacles non tarifaires. Les normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) chinoises sont strictes, exigeant des certifications rigoureuses. Les producteurs doivent augmenter leur capacité de production pour répondre aux exigences du marché chinois. La logistique, notamment la chaîne du froid, est également un défi critique pour les exportations agricoles.
Le gouvernement kényan et les coopératives agricoles doivent également travailler sur la valorisation locale des produits. La Chine encourage les investissements directs en Afrique pour traiter les matières premières localement avant d’exporter les produits finis. Cette stratégie vise à renforcer l’intégration économique et à créer des emplois dans les zones rurales.
Les implications géopolitiques et économiques
Cette politique zéro-tarif s’inscrit dans une stratégie plus large de la Chine pour renforcer ses liens avec l’Afrique. Les échanges bilatéraux dépassent 300 milliards de dollars, mais restent dominés par l’extraction de minerais. La mesure pourrait redéfinir cette relation, en favorisant une coopération plus équilibrée.
Sources: Capitalfm, South China Morning Post.
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