Publié le 4 décembre 2025 à 07h21. L’analyse d’échantillons d’astéroïde prélevés par la sonde OSIRIS-REx révèle la présence de sucres essentiels à la vie, comme le ribose et le glucose, renforçant l’hypothèse que les astéroïdes pourraient avoir joué un rôle clé dans l’ensemencement de notre planète avec les briques élémentaires de la vie.
- Des scientifiques ont identifié du ribose (utilisé dans l’ARN) et, pour la première fois dans un échantillon extraterrestre, du glucose dans des échantillons de l’astéroïde Bennu.
- Ces découvertes, combinées à la présence antérieure d’acides aminés et de bases nucléiques, suggèrent que les éléments constitutifs de la vie pourraient être répandus dans tout le système solaire.
- Une substance organique inédite, de nature caoutchouteuse, a également été identifiée dans les échantillons, ouvrant de nouvelles pistes de recherche sur la composition des petits corps célestes.
Depuis 2018, la NASA étudie le rôle potentiel des astéroïdes comme vecteurs de biomolécules grâce à la sonde OSIRIS-REx, qui a exploré l’astéroïde Bennu. En octobre 2020, la sonde a collecté des échantillons de la surface de l’astéroïde et les a ramenés sur Terre en 2023, avec une masse totale de 121 grammes (environ 4,3 onces).
Une équipe japonaise, dirigée par Yoshihiro Furukawa de l’Université de Tōhoku, a confirmé la présence de ribose, un sucre essentiel à la formation de l’ARN, ainsi que de glucose, une source d’énergie fondamentale pour la vie, dans ces échantillons. D’autres sucres simples ont également été détectés. Ces résultats, publiés sur le site web de la NASA, complètent les découvertes antérieures concernant les acides aminés, les bases nucléiques et d’autres composés organiques.
Bien que la présence de ces éléments constitutifs de la vie ne constitue pas une preuve de l’existence d’une vie extraterrestre, elle suggère que les ingrédients nécessaires à son émergence pourraient être plus courants qu’on ne le pensait dans l’univers. Les chercheurs pensent que ces sucres se sont formés dans des saumures riches en formaldéhyde, présentes à l’intérieur du corps parent de Bennu. Des environnements similaires ont été identifiés sur la lune Encelade de Saturne et la planète naine Cérès, selon New Scientist, renforçant l’idée que les conditions chimiques propices à l’apparition de la vie ne sont pas exceptionnelles.
Parallèlement, des équipes de scientifiques dirigées par Scott Sandford du Silicon Valley Research Center de la NASA et Zack Gainsforth de l’Université de Californie à Berkeley ont décrit une substance organique inédite, de consistance caoutchouteuse, présente dans les échantillons de Bennu. L’origine de cette matière reste à déterminer, mais elle pourrait représenter un nouveau type de matériau formé dans les petits corps du système solaire.
Une autre étude, menée par Ann Nguyen de la NASA, a révélé une proportion élevée de poussières provenant de supernovae – des étoiles ayant explosé avant la formation de notre système solaire. Bien que cette découverte ne soit pas directement liée aux « ingrédients de la vie », elle suggère que Bennu contient des particules plus anciennes que le Soleil, ce qui pourrait aider à comprendre la composition de l’univers primitif. Cette recherche est détaillée dans Nature.
Enfin, la découverte du ribose, mais pas du désoxyribose, dans les échantillons de Bennu soutient l’hypothèse selon laquelle les premières formes de vie sur Terre pourraient avoir été basées sur l’ARN, capable de stocker l’information génétique et de s’auto-répliquer sans l’aide de l’ADN.
