Publié le 24 septembre 2025. Une étude japonaise sur les souris suggère que le grisonnement des cheveux pourrait ne pas être un simple signe de vieillissement, mais une réponse protectrice de l’organisme face au risque de mélanome, une forme agressive de cancer de la peau.
- Le grisonnement des cheveux pourrait être lié à l’activation de mécanismes de défense contre le cancer.
- L’étude montre que les cellules souches pigmentaires peuvent choisir entre maintenir la couleur des cheveux ou se protéger contre les dommages à l’ADN.
- Teindre ses cheveux ou arracher les cheveux gris n’a pas d’impact sur la santé, selon les chercheurs.
Les cheveux gris, signe extérieur du temps qui passe, sont généralement perçus comme une conséquence inévitable du vieillissement. Ce phénomène résulte de la diminution de la capacité des cellules souches à produire la mélanine, le pigment responsable de la couleur des cheveux. Au fur et à mesure que ces cellules s’épuisent, les nouveaux cheveux apparaissent sans pigment, se présentant sous une teinte blanche ou grise.
Cependant, une recherche récente menée par une équipe de l’Université de Tokyo, dirigée par Emi Nishimura, remet en question cette vision. Publiée en octobre 2025 dans Nature Cell Biology, l’étude révèle que le grisonnement pourrait être lié à une réponse cellulaire protectrice contre le développement du mélanome.
Les chercheurs ont utilisé des modèles de souris pour observer la réaction des cellules souches mélanocytaires (McSC) lorsqu’elles sont soumises à différents types de stress génétique, tels que les rayonnements ionisants ou certains composés cancérigènes. Ils ont découvert qu’après avoir subi des dommages à leur ADN, ces cellules entraient dans un état de sénescence, cessant de se diviser et disparaissant du follicule pileux. Ce processus entraîne la perte de pigmentation et donc le grisonnement des cheveux, mais empêche également les cellules endommagées de se répliquer de manière incontrôlable, bloquant ainsi le développement potentiel d’une tumeur.
L’étude a également révélé un autre scénario intéressant. Lorsque les souris ont été exposées au DMBA, une substance cancérigène connue, les cellules souches ont conservé leur capacité à se diviser, préservant ainsi la pigmentation. Cependant, cette préservation de la couleur s’est accompagnée d’une augmentation du risque de développer un mélanome. Il semblerait donc que les cellules puissent choisir entre deux voies : l’une mène aux cheveux gris et l’autre au cancer, en fonction du type de stress subi.
Il est crucial de souligner que cette découverte ne signifie pas que les cheveux gris préviennent le cancer, ni qu’ils sont un signe d’immunité. Il s’agit plutôt d’une meilleure compréhension des mécanismes complexes par lesquels l’organisme peut prioriser certaines fonctions cellulaires pour réduire les risques graves, même au prix de signes visibles de vieillissement. Comme le souligne l’étude, le grisonnement serait la conséquence visible d’un processus plus profond visant à minimiser le risque de mutations cancérigènes dans les cellules souches des follicules pileux.
Dans des conditions normales, les cellules souches situées à la base de chaque follicule pileux génèrent des mélanocytes, les cellules responsables de la production de mélanine. Ces mélanocytes migrent vers la zone où se forment les nouveaux cheveux, leur donnant leur couleur. Ce processus se répète à chaque cycle de croissance des cheveux, mais avec le temps, les cellules souches s’usent ou s’endommagent, entraînant une diminution de la production de mélanine et, finalement, le grisonnement des cheveux. L’âge est le facteur principal, mais la génétique, le stress cellulaire et l’environnement jouent également un rôle.
D’un point de vue fonctionnel, les cheveux gris ne présentent pas de différences significatives par rapport aux cheveux pigmentés, hormis une texture potentiellement plus rugueuse ou sèche. Leur apparition peut être un indicateur, bien que non définitif, des processus internes en cours. Les recherches continuent pour mieux comprendre les implications de ces découvertes et leur potentiel impact sur la prévention du cancer.

