L’investissement initial de Microsoft dans OpenAI, aujourd’hui évaluée à plus de 135 milliards d’euros, n’était pas une évidence, révèle Satya Nadella. Le PDG de Microsoft a confié que même son fondateur, Bill Gates, avait exprimé des réserves quant à ce pari audacieux.
En 2019, Microsoft a injecté un premier milliard de dollars américains (environ 865 millions d’euros) dans OpenAI, à peine quatre ans après la création de la start-up. Cet investissement initial a été suivi de plus de 13 milliards de dollars supplémentaires (environ 11,2 milliards d’euros) pour soutenir le développement de technologies comme ChatGPT.
« Même chez Microsoft, pour lever un milliard de dollars, il faut l’approbation du conseil d’administration », a expliqué Satya Nadella lors d’une interview à l’émission YouTube “TPBN”, mardi dernier. Il a précisé qu’il n’avait pas été particulièrement difficile de convaincre de l’importance du domaine, mais que le risque était bien réel. « Avec le recul, qui aurait cru ? Je n’ai pas investi un milliard de dollars en pensant que cela coûterait seulement cent mille dollars », a-t-il ajouté.
Bill Gates, à l’époque, était particulièrement prudent. « Il se rappelait qu’OpenAI était une organisation à but non lucratif. Je crois même qu’il a dit : ‘Vous allez brûler ce milliard de dollars’ », a révélé Satya Nadella. Malgré ces inquiétudes, Microsoft a décidé de prendre le risque, affichant une « tolérance au risque élevée ».
Depuis, OpenAI a connu une croissance fulgurante. Le chatbot ChatGPT, lancé en novembre 2022, est devenu viral, attirant plus d’un million d’utilisateurs en cinq jours. Selon Sam Altman, PDG d’OpenAI, plus de 800 millions de personnes utilisent ChatGPT chaque semaine (chiffre communiqué le 6 octobre lors de la conférence annuelle DevDay).
OpenAI a récemment achevé une restructuration, avec sa branche à but non lucratif, l’OpenAI Foundation, supervisant désormais une nouvelle entité, l’OpenAI Group PBC. À la suite de ces changements, Microsoft détient désormais une participation de 27 % dans l’activité à but lucratif d’OpenAI.
Cette stratégie s’avère payante pour Microsoft, dont les actions ont augmenté de près de 29 % depuis le début de l’année.
