Publié le 14 janvier 2026 à 20h20. La cryoablation guidée par IRM, une technique innovante permettant de détruire les tumeurs solides par le froid, offre une alternative moins invasive aux interventions chirurgicales traditionnelles, mais son accès reste inégal selon les régions et les moyens financiers.
- La cryoablation guidée par IRM détruit les cellules tumorales en les refroidissant jusqu’à -40 °C ou -80 °C.
- L’IRM permet de visualiser en temps réel la tumeur et la zone traitée, améliorant la précision et la sécurité de la procédure.
- En Argentine, cette technique est principalement réalisée sous guidage tomodensitométrique, en raison du coût élevé et de la disponibilité limitée des équipements d’IRM.
La cryoablation guidée par IRM représente une avancée thérapeutique prometteuse dans le traitement des tumeurs solides. Cette technique, qui consiste à détruire les cellules cancéreuses par le froid extrême, émerge comme une option moins invasive que la chirurgie conventionnelle, réduisant ainsi les risques et les dommages aux tissus sains. Selon les experts, elle offre une alternative intéressante, notamment pour les patients qui ne peuvent pas subir une intervention chirurgicale.
Le docteur Diego Kaen, ancien président de l’Association argentine d’oncologie clinique (AAOC), explique le principe de cette méthode :
« La cellule tumorale, pour être vivante, a besoin de la température du corps, qui est de 37 °C. En abaissant la température de la cellule tumorale à -40 °C ou -80 °C, ce froid extrême entraîne la mort cellulaire. »
Diego Kaen, ancien président de l’AAOC
Cette approche répond à une demande croissante de méthodes thérapeutiques moins agressives, tout en maintenant une efficacité comparable. L’utilisation de l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) comme guide permet une visualisation précise de la zone à traiter, optimisant ainsi la sécurité et l’efficacité de la procédure. Les spécialistes de l’École de médecine de Stanford soulignent que l’IRM permet de « voir en temps réel les tissus anormaux et les tissus sains environnants avant, pendant et après le traitement », ce qui permet un suivi exhaustif et une réduction significative des complications.
La cryoablation guidée par IRM consiste à insérer des cryosondes, de fines aiguilles conçues pour libérer un gaz à très basse température, directement dans la tumeur. Ce processus induit une congélation contrôlée des tissus, entraînant leur destruction. La Société de radiologie interventionnelle d’Australasie (IRSA) précise que le mécanisme d’action repose sur la destruction cellulaire par congélation et la résorption ultérieure du tissu tumoral endommagé, grâce à des cycles alternés de congélation et de décongélation.
Actuellement, la cryoablation guidée par IRM est particulièrement recommandée pour les petites tumeurs localisées, telles que les tumeurs rénales à un stade précoce et certaines lésions hépatiques. Elle peut également être envisagée pour les tumeurs de la prostate, les tumeurs pulmonaires périphériques et les métastases osseuses ou des tissus mous douloureuses.
En Argentine, l’accès à cette technique reste limité. Si la cryoablation est pratiquée, elle est généralement guidée par tomodensitométrie (scanner) plutôt que par IRM, en raison du coût élevé des cryosondes et du manque de disponibilité des équipements d’IRM. Le docteur Kaen précise que, si certains centres à Buenos Aires proposent cette technique, elle n’est pas encore accessible dans l’ensemble du pays. Cette disparité géographique souligne la nécessité d’investissements accrus et d’un développement technologique pour permettre à davantage de patients de bénéficier de cette procédure.
Le docteur Claudio Martín, président de l’AAOC, nuance cependant :
« C’est une méthode qui pourrait avoir des indications très spécifiques dans certaines tumeurs, dans le cas où elles ne seraient pas traitables pour d’autres raisons. Par exemple, si le patient ne peut pas être opéré pour une raison médicale ou éventuellement en cas de lésions multiples ou de métastases d’un type particulier de tumeur. Ce n’est pas encore une méthode largement utilisée actuellement. »
Dr. Claudio Martín, président de l’AAOC
Cette approche est considérée comme complémentaire aux traitements traditionnels, tels que la chirurgie et la chimiothérapie. Elle offre une option supplémentaire pour les patients qui ne sont pas de bons candidats à la chirurgie, ou lorsque l’objectif est de préserver au maximum la fonction de l’organe affecté. Les patients sont généralement placés sous anesthésie générale et peuvent rentrer chez eux le jour même, reprenant leurs activités habituelles en quelques jours, selon les spécialistes de Stanford.
Bien que la cryoablation soit généralement bien tolérée, elle comporte certains risques, tels que des saignements, des infections, des dommages aux structures voisines et des douleurs passagères. La visualisation précise offerte par l’IRM permet de minimiser ces risques. L’IRSA souligne également que, bien qu’il existe un faible risque de diminution de la fonction rénale en cas de tumeurs rénales, la technique préserve la majeure partie de l’organe traité.
L’avenir de la cryoablation guidée par IRM semble prometteur. Avec l’accumulation de preuves cliniques, l’amélioration de la disponibilité technologique et la formation de davantage d’équipes spécialisées, cette technique devrait occuper une place de plus en plus importante dans le paysage oncologique, offrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques aux patients.
