Publié le 13 janvier 2026 à 22h50. Le Pérou a connu une année record pour ses exportations de myrtilles, atteignant des volumes et une valeur supérieurs aux prévisions initiales, malgré des défis tels que la baisse des prix et les droits de douane américains.
- Les exportations de myrtilles péruviennes ont atteint 412 239 tonnes en 2025, générant un chiffre d’affaires de 2,563 milliards de dollars américains.
- Le Pérou représente désormais 41 % des expéditions mondiales de myrtilles.
- Les exportations vers la Chine ont connu une forte augmentation, compensant en partie l’impact des droits de douane américains.
Les exportations de myrtilles péruviennes ont dépassé les attentes en 2025, atteignant un volume de 412 239 tonnes et une valeur de 2,563 milliards de dollars américains (soit une augmentation de 17 % en volume et de 13 % en valeur par rapport à l’année précédente), selon les estimations préliminaires de Fresh Fruit et Preciso Consultoría, basées sur les données de la Surintendance nationale de l’administration douanière et fiscale (Sunat) mises à jour au 9 janvier. Initialement, le Ministère du Développement Agraire et de l’Irrigation (Midagri) avait prévu des exportations de 360 000 tonnes pour une valeur totale de 2 milliards de dollars.
Cette performance remarquable a été obtenue malgré un contexte international difficile, marqué par une contraction des prix du fruit bleu (en baisse de 3 %, à 6,22 dollars américains le kilogramme contre 6,43 dollars américains l’année précédente) et la mise en place de droits de douane américains. Le gouvernement de Donald Trump avait instauré, depuis avril 2025, un tarif réciproque de 10 % sur divers produits.
Gabriel Amaro, président de l’Association des corporations agraires du Pérou (AGAP), a indiqué que, bien que les États-Unis aient levé ces droits de douane sur certains produits agro-exportateurs, ils restent en vigueur pour les myrtilles, les asperges et les mandarines.
La Chine s’est imposée comme un marché clé pour les myrtilles péruviennes, avec une augmentation spectaculaire des expéditions de 153 %, passant de 105 millions de dollars à 266 millions de dollars. Cette croissance est en partie due à la nouvelle route directe et aux coûts logistiques réduits offerts par le port de Chancay.
Parallèlement, la superficie agricole consacrée à la culture des myrtilles a augmenté de plus de 12 %, passant d’environ 26 600 hectares en 2024 à environ 30 000 hectares en 2025. Le nombre d’entreprises exportatrices a également connu une hausse, passant de 170 à 207, soit une augmentation de 21 %.
Cependant, des risques planent à l’horizon. Le Service National de Météorologie et d’Hydrologie (Senamhi) alerte sur des conditions de risque moyen à élevé pour les cultures fruitières, notamment pour la période de janvier à mars 2026, qui correspond à la fin de la période de culture principale. Les températures élevées pourraient provoquer une déshydratation des fruits, tandis que les pluies pourraient favoriser le développement de maladies fongiques.
Ulises Osorio, expert en questions agroclimatiques, a déclaré à Gestión :
« Les myrtilles pourraient être l’une des cultures les plus touchées par les mauvaises conditions météorologiques en 2026, ce qui pourrait réduire la qualité des fruits. »
Pour atténuer ces risques, les producteurs sont encouragés à adapter leurs cultures avec des variétés plus résistantes au stress abiotique et à améliorer leurs méthodes de gestion de l’irrigation. Miguel Bentín, président de Proarándanos, a souligné que la variété Ventura reste importante, mais que des génétiques de plus grande valeur gagnent du terrain, contribuant à une demande plus stable et moins sujette à la volatilité des prix.
Les producteurs sont également invités à bien sceller les coupes lors de la taille pour prévenir l’entrée de champignons et de bactéries, et à surveiller attentivement les conditions agrométéorologiques pendant les phases de germination et de croissance végétative.
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