Publié le 10 janvier 2026 à 17h36. Alors que des conditions météorologiques extrêmes menacent le nord de l’Allemagne, notamment de fortes chutes de neige, la question du droit du travail se pose : qui assume le risque lié aux difficultés de déplacement pour se rendre au travail ?
Les fortes chutes de neige et le verglas, bien que relativement rares dans le nord de l’Allemagne, peuvent rendre les trajets domicile-travail particulièrement difficiles. Si les salariés sont tenus d’arriver à l’heure, la jurisprudence est claire : c’est le risque de trajet qui s’applique, selon les experts.
En cas de retards ou d’absence dus aux intempéries, les salariés ne peuvent prétendre à une rémunération pour le temps non travaillé. Le principe du « pas de travail, pas de salaire » demeure, explique le syndicat ver.di. ver.di précise toutefois qu’il n’y a pas d’obligation de rattraper les heures perdues, sauf si un accord spécifique existe au sein de l’entreprise, comme un système de temps de travail comptabilisé ou un compte d’heures supplémentaires.
Pas de travail, pas de salaire
Une voiture abandonnée dans une congère illustre les difficultés rencontrées par les travailleurs. Les salariés doivent s’assurer d’arriver au travail à l’heure, même en cas de conditions météorologiques défavorables.
Si une entreprise est contrainte de fermer ses portes en raison des intempéries – par exemple, en raison de l’impossibilité d’accéder aux entrepôts ou de la défaillance des équipements – l’employeur assume le risque opérationnel, selon le syndicat IG Metall. Dans ces circonstances exceptionnelles, les salariés conservent leur salaire même s’ils ne peuvent pas travailler. IG Metall précise que les conditions d’application peuvent varier.
Bureau à domicile uniquement avec consentement
Le recours au bureau à domicile, popularisé pendant la pandémie de Covid-19, n’est pas un droit automatique. La Chambre de commerce et d’industrie de Schleswig-Holstein (IHK Schleswig-Holstein) rappelle que le travail à distance doit être convenu avec l’employeur. Cependant, Can Özren, porte-parole de l’IHK de Lübeck, souligne qu’il est logique de faire preuve de souplesse dans des situations exceptionnelles :
« Si quelqu’un travaille à domicile, c’est probablement mieux que de rester des heures dans les embouteillages et d’être en retard. »
Can Özren, porte-parole de l’IHK de Lübeck
Garde d’enfants en cas d’annulation d’école ou de garderie
Les parents peuvent également être confrontés à des difficultés liées à la fermeture des écoles ou des garderies en raison des intempéries. Dans ce cas, les salariés ont le droit de s’absenter du travail s’ils ne peuvent trouver de solution de garde pour leurs enfants, conformément à l’article 616 du Code civil allemand (BGB). Le maintien du salaire est possible pendant une certaine période, sous réserve des dispositions du contrat de travail, de la convention collective ou d’un accord d’entreprise.
Dans le nord de l’Allemagne, le trafic ferroviaire longue distance est actuellement limité à l’axe Hambourg-Rhénanie du Nord-Westphalie, et les transports régionaux et locaux sont également perturbés. Les températures glaciales prévues pour les prochaines nuits exigent une vigilance accrue.
Conséquences des « queues de temps neigeux »
Les salariés ne doivent pas craindre un licenciement en raison de retards liés aux intempéries. Cependant, une accumulation de retards peut entraîner des sanctions. En cas de conditions météorologiques soudaines et imprévisibles, un avertissement n’est généralement pas justifié, selon IG Metall et ver.di. Il est essentiel que les employeurs et les salariés communiquent et trouvent des solutions pragmatiques.
