Publié le 11 novembre 2025 à 15h57. Willi Lippens, l’ancien attaquant de Rot-Weiss Essen et du Borussia Dortmund, célèbre aujourd’hui son 80e anniversaire, une occasion de se souvenir d’un joueur unique dont le style de jeu décalé a marqué l’histoire de la Bundesliga.
- Willi Lippens, surnommé « la Canne » par les supporters en raison de sa manière particulière de courir, a été un joueur emblématique des années 1960 et 1970.
- Malgré une carrière professionnelle relativement modeste, il a su transformer son image en une source de revenus grâce à son sens de l’humour et à son esprit d’entreprise.
- Lippens a disputé un match international avec les Pays-Bas, mais aurait pu porter le maillot de l’Allemagne si son père l’avait autorisé.
L’ancien footballeur professionnel, formé à Rot-Weiss Essen puis passé par le Borussia Dortmund, est encore aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands amuseurs de la première Bundesliga. Son style de course, plus proche d’un dandinement que d’une course athlétique, lui a valu le surnom affectueux de « Duck » (Canard) de la part des supporters. Il a probablement entendu ce surnom plus souvent que son propre prénom.
Lippens ne se contentait pas de jouer au football, il en faisait un spectacle. Il déroutait ses adversaires par des feintes improbables, osait s’asseoir sur le ballon en plein match et proposait même des une-deux aux gardiens de but lors des sorties de but. Comme il le confiait lui-même, son jeu était à la fois efficace et divertissant.
Ce lundi, son club de cœur, Rot-Weiss Essen, organise une réception officielle en son honneur. Bien qu’il ne fréquente plus aussi souvent le stade, Lippens reste très attaché à son club formateur.
Sa carrière internationale se limite à une seule sélection avec les Pays-Bas. À l’époque, il vivait modestement dans une chambre sous les tribunes du stade de la Hafenstrasse à Essen, pour un salaire de 80 marks par mois (environ 40 euros), auxquels s’ajoutaient 30 marks (environ 15 euros) pour le loyer. Les primes venaient compléter ses revenus, mais il était loin de devenir riche.
Lippens entretenait une relation particulière avec les arbitres. L’un des épisodes les plus célèbres remonte à un match de championnat régional en 1965 à Westfalia Herne. L’arbitre l’avait prévenu : « Monsieur Lippens, je vous préviens ! ». Lippens lui avait répondu : « Monsieur l’arbitre, merci ! », avant d’être expulsé du terrain et suspendu.
Cette anecdote, parmi d’autres, a contribué à forger sa légende. Aujourd’hui, à l’entrée de son « Lippens Ranch », une grande ferme comprenant une auberge et un restaurant près de Bottrop, un canard en fer forgé orne le portail. Le restaurant s’appelle « Merci – Mitten im Pott » (Merci – Au cœur du bassin industriel), un nom dont l’origine est expliquée sur le menu.
En raison de sa double nationalité, Lippens aurait pu également jouer pour l’équipe nationale allemande. L’entraîneur national de l’époque, Helmut Schön, était très intéressé par cet ailier atypique doté d’un bon sens du but. Cependant, son père s’y était opposé.
« Il m’a dit que si je jouais pour l’Allemagne, je n’aurais plus besoin de rentrer à la maison », a-t-il raconté un jour. Il a donc opté pour un seul match avec les Pays-Bas, où il était considéré comme un joueur allemand. Son commentaire à ce sujet est resté célèbre : « Avec moi, les Pays-Bas et un seul Allemand auraient été champions du monde en 1974. »
Pour Rot-Weiss Essen, il a disputé 457 matchs officiels, marquant 245 buts. Au total, il a joué 242 matchs de Bundesliga et inscrit 92 buts. La soirée d’hommage à l’occasion de son anniversaire sera traditionnellement célébrée dans son ranch.
pk/dpa
