La dengue connaît une recrudescence inquiétante en Amérique latine, avec une circulation simultanée des quatre sérotypes du virus au Guatemala, au Mexique, en Colombie et au Brésil. Des chercheurs américains explorent une nouvelle piste thérapeutique en étudiant la structure interne du virus, dans l’espoir de bloquer son processus d’infection.
À ce stade, aucun traitement spécifique ni vaccin n’existent pour lutter contre la dengue. « Les seuls moyens de prévention et de contrôle restent la lutte contre les moustiques vecteurs et la protection individuelle contre les piqûres », explique l’Institut Pasteur.
Si plusieurs composés prometteurs ont été identifiés et testés en essais cliniques, aucun n’a démontré une efficacité suffisante pour être validé. L’un des principaux obstacles réside dans la diversité des sérotypes du virus, qui complique le développement de traitements universels.
Une équipe de l’Université du Texas a récemment concentré ses recherches sur la « capside » de la dengue, une enveloppe protéique qui entoure le matériel génétique du virus. Cette capside joue un rôle crucial dans la libération du virus au sein de la cellule hôte. Le processus de « décapage », qui consiste à retirer l’enveloppe de la capside, est une étape essentielle à l’infection.
Les chercheurs ont découvert qu’un inhibiteur spécifique peut se lier à la capside de la dengue et provoquer l’assemblage de quatre capsides en une structure appelée « tétramère de capside ». Ce tétramère empêche le virus de se « dévoiler », c’est-à-dire de retirer son enveloppe et d’infecter de nouvelles cellules.
Cette étude a également permis de mieux comprendre les mécanismes de résistance aux traitements. Les mutations du virus de la dengue peuvent affaiblir la liaison de l’inhibiteur à la capside, permettant au virus de se libérer et de poursuivre son cycle infectieux.
Les travaux de l’équipe texane se concentrent actuellement sur un composé qui bloque efficacement le sérotype DENV2, mais qui est inefficace contre les sérotypes DENV1, DENV3 et DENV4. Ils ont identifié les acides aminés responsables de cette spécificité, ce qui pourrait ouvrir la voie à la conception de composés capables de cibler l’ensemble des sérotypes de la dengue.
Les résultats de cette recherche, publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, représentent une avancée significative dans la compréhension du fonctionnement des différents sérotypes de la dengue et offrent de nouvelles perspectives pour le développement de traitements antiviraux.
