Publié le 11 décembre 2025 à 08h16. De plus en plus de personnes recourent au bruit blanc pour faciliter l’endormissement, mais les experts mettent en garde contre une utilisation prolongée, notamment chez les enfants, en raison d’un manque de preuves de son efficacité et de risques potentiels pour l’audition et le sommeil.
- Des études récentes ne démontrent pas d’amélioration significative et fiable du sommeil grâce au bruit blanc.
- L’utilisation prolongée du bruit blanc peut entraîner une dépendance et masquer des signaux d’alerte importants.
- Des risques potentiels pour le développement auditif et langagier des jeunes enfants sont soulevés.
La popularité des applications et des appareils diffusant du bruit blanc est en plein essor. Utilisateurs et fabricants vantent les mérites de ces sons monotones – statique, pluie, ventilateur – pour masquer les bruits ambiants et favoriser un sommeil réparateur. Pourtant, les conclusions des recherches scientifiques sont bien plus nuancées, voire préoccupantes, selon l’experte du sommeil Inge Declercq.
Deux vastes études de synthèse, regroupant les résultats de plus de soixante-dix études plus petites impliquant plus de mille participants, ont examiné l’impact de différents types de bruits et de stimuli sonores sur le sommeil. Si certaines études ont révélé un effet positif minime – un endormissement légèrement plus rapide ou un sommeil perçu comme un peu plus profond – ces résultats ont été obtenus par le biais de journaux de sommeil, de questionnaires ou de courtes observations en laboratoire, des méthodes qui ne garantissent pas une mesure précise de la qualité du sommeil.
Dans de nombreuses autres études, aucun bénéfice n’a été constaté, voire le sommeil a été perturbé. Cette disparité s’explique par la grande variabilité des protocoles expérimentaux : types de sons utilisés, volumes sonores, durée des études, taille des groupes de participants et, surtout, le fait que les participants savaient souvent s’ils étaient exposés ou non au bruit, ce qui pouvait biaiser les résultats.
Les auteurs de ces études concluent qu’il n’existe actuellement aucune preuve solide et fiable que le bruit blanc améliore le sommeil. L’effet, lorsqu’il est observé, est faible et incertain. Si aucun effet secondaire grave n’a été rapporté chez l’adulte, les recherches sur les enfants et les bébés sont beaucoup plus limitées et les effets à long terme restent largement inconnus. Les études existantes, de petite taille et menées dans des environnements contrôlés, ne permettent pas de tirer des conclusions définitives sur l’impact d’une utilisation prolongée à domicile, en particulier chez les plus jeunes.
Les principaux points d’attention soulevés par les études disponibles sont les suivants : un sommeil potentiellement agité, une possible dépendance au bruit blanc, la difficulté à percevoir des signaux d’alerte importants (détecteur de fumée, appels, pleurs de bébé), des risques de dommages auditifs en cas d’exposition à un volume sonore trop élevé ou à une proximité excessive de la source sonore, une influence potentielle sur le développement de l’audition, du langage et de l’apprentissage chez les jeunes enfants, et enfin, un effet paradoxal de stress au lieu de relaxation chez certaines personnes.
Face à des troubles du sommeil, il est essentiel d’en identifier la cause et d’adopter de bonnes habitudes de sommeil, idéalement en consultant un médecin. De nombreux gadgets et solutions sont proposés pour améliorer le sommeil, tels que les bagues intelligentes comme l’Oura Ring, le taping de la bouche pour résoudre les problèmes de sommeil, une alimentation riche en protéines avant de se coucher ou la prise de mélatonine ou d’autres compléments alimentaires. Cependant, ces solutions manquent souvent de preuves scientifiques solides et peuvent comporter des risques. La thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie s’avère bien plus efficace pour traiter l’insomnie persistante. Vous trouverez davantage de conseils et d’informations sur l’insomnie sur cette page.
En conclusion, le bruit blanc n’est pas une solution miracle pour un meilleur sommeil. Les études d’ensemble ne montrent au mieux que des effets à court terme légers et incertains, sans preuve d’une amélioration durable du sommeil. Comme le souligne Inge Declercq, il existe également des risques potentiels. Pour améliorer votre sommeil, il est préférable de s’attaquer aux causes de vos troubles et d’adopter de bonnes habitudes de sommeil.
Source : VRT NWS, 6 décembre 2025
