Publié le 4 janvier 2026 à 06h52. La fraude aux distributeurs automatiques de Bitcoin explose aux États-Unis, causant des préjudices financiers considérables, en particulier chez les personnes âgées. Face à cette recrudescence, les autorités américaines envisagent une réglementation plus stricte, s’inspirant des mesures prises en Australie.
- Les pertes liées à la fraude via les distributeurs de cryptomonnaies ont dépassé 333 millions de dollars (environ 481,5 milliards de wons) en 2025.
- Le FBI a enregistré plus de 12 000 plaintes concernant ces distributeurs entre janvier et novembre de cette année.
- La structure même des distributeurs, permettant des transactions instantanées et irréversibles, facilite les activités frauduleuses.
Les distributeurs automatiques de Bitcoin (DAB), de plus en plus présents dans les stations-service et les commerces de proximité aux États-Unis, sont devenus une cible privilégiée pour les fraudeurs. Ces appareils, qui convertissent instantanément des espèces en actifs numériques, offrent un moyen rapide et anonyme de blanchir de l’argent et d’escroquer les utilisateurs. Les autorités américaines, initialement axées sur l’éducation du public, reconnaissent désormais la nécessité d’une intervention réglementaire plus forte.
Selon les données du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), organisme de lutte contre le blanchiment d’argent du département du Trésor américain, le nombre de signalements de fraude liée aux DAB a presque doublé par rapport à l’année précédente. Ce constat a conduit les régulateurs à considérer les quelque 31 000 distributeurs d’actifs numériques installés sur le territoire américain non plus comme une source de risques individuels, mais comme un potentiel risque systémique.
Le mode opératoire des fraudeurs est souvent le même : ils incitent leurs victimes à se rendre à un DAB et à y déposer de l’argent, suite à un appel téléphonique ou un SMS. Une fois la transaction effectuée, elle est irréversible, privant les victimes de tout recours. Cette caractéristique, absente des systèmes financiers traditionnels qui permettent des contestations et des remboursements, rend les DAB particulièrement attractifs pour les escrocs.
Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à ces arnaques. Le FBI indique que les individus de plus de 60 ans représentent une part importante des victimes, souvent ciblées par des escroqueries se présentant comme une assistance technique, des services gouvernementaux ou des urgences familiales.
Face à cette situation alarmante, des agences de régulation, comme le Département californien de la protection financière et de l’innovation (DFPI), intensifient leurs campagnes d’alerte. Le DFPI a récemment publié des « Directives d’autoprotection », rappelant que « aucune entité légitime ne demandera de déposer de l’argent dans un distributeur automatique d’actifs numériques pour résoudre un problème ou protéger des actifs » et que toute demande de ce type est une fraude.
Cependant, les autorités politiques estiment que les avertissements seuls ne suffisent plus. Elles envisagent donc d’introduire progressivement une réglementation plus stricte, sur le modèle de ce qui a été mis en place en Australie. Canberra a adopté une législation visant à limiter les montants des transactions quotidiennes et à encadrer la prolifération des DAB. L’industrie estime qu’une telle approche réglementaire pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la fraude aux DAB.
