Mis à jour le jeudi 1 janvier à 04:11. Des câbles sous-marins reliant la Finlande et l’Estonie ont été endommagés, entraînant l’arrestation de 14 marins et suscitant des inquiétudes quant à de possibles actes de sabotage dans une région stratégique.
- Des câbles sous-marins entre la Finlande et l’Estonie ont été endommagés, conduisant à l’arrestation de 14 membres d’équipage.
- Les autorités finlandaises enquêtent sur les circonstances de ces dommages, sans écarter la possibilité d’une action délibérée.
- Des experts soulignent la vulnérabilité des infrastructures sous-marines et la difficulté de les surveiller efficacement.
Les autorités finlandaises ont intercepté un navire, le “Fitburg”, naviguant sous pavillon de Saint-Vincent-et-les Grenadines, après avoir détecté des anomalies liées à des câbles sous-marins reliant la Finlande et l’Estonie. Le navire était en remorque avec une chaîne d’ancre en mer au moment de son interception, le 31 décembre.
Selon Per Erik Solli, chercheur à l’Institut norvégien de politique étrangère (NUPI), ces dommages pourraient relever d’une provocation politique.
« La première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que cela ressemble tout simplement à une provocation politique. »
Per Erik Solli, chercheur à l’Institut norvégien de politique étrangère (NUPI)
Le président finlandais Alexander Stubb a déclaré que la situation était suivie de près en collaboration avec d’autres autorités, tout en soulignant qu’il était encore trop tôt pour déterminer l’origine des dommages. Le président estonien Alar Karis a également indiqué qu’une enquête serait menée pour déterminer si les dommages étaient le résultat d’un acte délibéré ou d’un accident.
Les câbles sous-marins sont des infrastructures essentielles pour les communications et l’approvisionnement énergétique. Leur vulnérabilité est de plus en plus préoccupante, notamment dans le contexte géopolitique actuel. Selon Solli, ces infrastructures sont cruciales et leur perte pourrait avoir des conséquences majeures sur la société et l’économie.
« Nous sommes très dépendants des infrastructures qui se trouvent sur les fonds marins. Cela peut avoir des conséquences majeures sur la société en cas de perte du pouvoir ou de communication interrompue, mais aussi sur l’économie. »
Per Erik Solli, chercheur à l’Institut norvégien de politique étrangère (NUPI)
Les opérations en zone grise, des actions se situant entre la paix et la guerre, sont de plus en plus fréquentes, selon Solli. Ces actions visent à créer des perturbations et à déstabiliser sans déclencher un conflit ouvert. Il souligne qu’il est quasiment impossible d’assurer une surveillance constante de ces infrastructures, ce qui les rend particulièrement vulnérables.
Plusieurs experts pointent du doigt la Russie comme étant potentiellement responsable de ces actes de sabotage, dans le cadre d’une stratégie hybride. Cependant, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que 80 % des ruptures de câbles sont dues à des causes accidentelles, telles que le chalutage et le mouillage. En janvier 2025, au moins 11 ruptures de câbles avaient été recensées dans les pays baltes en 15 mois, selon l’agence de presse Associated Press AP.
Les autorités mettent en place des mesures pour renforcer la sécurité des câbles sous-marins, notamment en améliorant la surveillance et en renforçant la coopération entre les différents acteurs. Solli insiste sur la nécessité d’un travail systématique et continu pour prévenir les dommages et y faire face efficacement.
« Cela nous permettra de mieux prévenir les dommages aux infrastructures, mais également de faire face aux dommages lorsqu’ils se produisent. Et surtout, cela fera quelque chose à ceux qui en prendront conscience. »
Per Erik Solli, chercheur à l’Institut norvégien de politique étrangère (NUPI)
