Publié le 12 novembre 2025 à 15h01. Quarante-cinq maisons en bois offertes par les pays scandinaves et l’Autriche aux Pays-Bas après la catastrophe des inondations de 1953 sont désormais classées monuments nationaux, témoignant d’une aide internationale et d’une architecture particulière.
- Quarante-cinq maisons-cadeaux, construites après les inondations de 1953, obtiennent le statut de monument national.
- Ces maisons, offertes par les pays scandinaves et l’Autriche, étaient destinées à pallier la pénurie de logements dans les zones sinistrées.
- L’Agence du patrimoine culturel des Pays-Bas a publié un guide pour aider les propriétaires à entretenir ces bâtiments historiques.
Les maisons-cadeaux, comme on les appelle, sont un symbole poignant de la solidarité internationale suite aux inondations dévastatrices qui ont frappé les Pays-Bas en 1953. Ces maisons en bois préfabriquées, expédiées sous forme de kits et assemblées sur place, ont permis de répondre à l’urgence du logement pour les milliers de personnes sinistrées. 1 836 personnes ont perdu la vie lors de ces inondations, et des dizaines de milliers de logements ont été endommagés ou détruits.
Réparties dans les provinces de Zélande, du Brabant-Septentrional et de Hollande-Méridionale, ces habitations présentent des caractéristiques architecturales propres aux pays d’origine : Norvège, Suède, Finlande et Danemark. Selon Mariël Kok, historienne de l’architecture à l’Agence nationale du patrimoine culturel, ces maisons étaient à l’époque remarquablement modernes et bien équipées.
« Ces maisons étaient bien isolées et dotées de systèmes de chauffage modernes, ce qui n’était pas du tout courant chez nous à l’époque. »
Mariël Kok, historienne de l’architecture
Ronald Moerland, habitant de Burgh-Haamstede en Zélande, témoigne de l’impact de ces maisons sur la vie de ses grands-parents. Il vit depuis 24 ans dans une maison appelée “Oslo”, attribuée à sa famille après la perte de leur habitation lors de la catastrophe.
« Mon grand-père et ma grand-mère vivaient également dans une telle maison, donc je la connaissais déjà. Ils ont été les premiers résidents après que leur maison ait été emportée par la catastrophe. C’est à eux qu’on a attribué cette maison. »
Ronald Moerland, habitant de Burgh-Haamstede
Il se souvient que l’adaptation à ce nouveau confort fut progressive.
« Il a fallu un certain temps pour que mes grands-parents s’habituent au cadeau à la maison. Par exemple, il y avait une douche, ce à quoi ils n’étaient pas habitués car à l’époque, on se lavait dans une baignoire. À cette époque, en 1953, c’était tout à coup un luxe. »
Ronald Moerland, habitant de Burgh-Haamstede
Sur les 860 maisons-cadeaux offertes, 682 sont encore debout aujourd’hui. Soixante-dix maisons autrichiennes ont été transformées en maisons de vacances. D’autres ont été rénovées, agrandies ou recouvertes d’une façade en pierre. L’Agence du patrimoine culturel, en concertation avec le ministère de la Culture, a désigné 45 maisons-cadeaux dans leur état d’origine comme monuments nationaux, situées à Burgh-Haamstede, Renesse, Hansweert, Puttershoek, Nieuwe-Tonge et Lage Zwaluwe. La salle des fêtes Holland Huis à Scherpenisse, offerte par des agriculteurs de la Hollande du Nord, sera également classée.
Le statut de monument implique des obligations en matière de conservation et de rénovation, nécessitant l’obtention d’un permis préalable pour tout projet. Pour soutenir les propriétaires dans cette démarche, l’agence gouvernementale a publié un guide contenant des conseils architecturaux et des informations sur les subventions disponibles. Plusieurs maisons-cadeaux sont déjà ouvertes au public, comme les maisons-musées de Sint-Annaland et de Heijningen, et une maison anti-inondation norvégienne reconstruite au musée en plein air d’Arnhem.
