Publié le 2024-02-29 10:32:00. L’hyperoxalurie, une maladie métabolique rare mais potentiellement grave, nécessite un diagnostic précoce pour prévenir l’insuffisance rénale. À l’occasion de la Journée mondiale de la santé dédiée à cette pathologie, les spécialistes soulignent l’importance du rôle de l’urologue dans sa détection.
- L’hyperoxalurie se caractérise par une élimination excessive d’oxalate dans les urines, favorisant la formation de calculs rénaux.
- Elle peut être d’origine génétique (primaire) ou liée à des problèmes intestinaux ou chirurgicaux (secondaire).
- Une hydratation abondante et une alimentation adaptée sont essentielles dans la prise en charge de cette maladie.
L’hyperoxalurie est une maladie méconnue qui peut avoir des conséquences graves sur la santé rénale. Le Dr José Ramón Cansino, urologue spécialisé dans les calculs rénaux, alerte sur la nécessité d’une détection rapide. Sans diagnostic et traitement appropriés, cette affection peut conduire à une insuffisance rénale chronique.
« L’hyperoxalurie provoque une élimination excessive de l’oxalate dans les urines, ce qui favorise la formation de calculs rénaux et, dans les cas les plus graves, peut conduire à une insuffisance rénale chronique », explique le spécialiste.
L’hyperoxalurie peut prendre deux formes : primaire, due à un défaut génétique, ou secondaire, consécutive à des troubles intestinaux ou à des interventions chirurgicales affectant l’absorption des nutriments. Dans les formes les plus sévères, les dépôts d’oxalate peuvent s’étendre au-delà des reins et toucher d’autres organes vitaux tels que le cœur, les os ou la rétine.
Selon le Dr Cansino, les patients consultent souvent un urologue après plusieurs épisodes de coliques néphrétiques ou de calculs rénaux récurrents, sans réaliser qu’il pourrait s’agir d’une maladie métabolique rare. L’urologue est donc souvent le premier à suspecter l’hyperoxalurie et à prescrire les examens métaboliques et génétiques nécessaires pour confirmer le diagnostic.
Bien que considérée comme rare – avec une prévalence estimée entre 1 et 3 cas par million d’habitants pour le type 1 – l’hyperoxalurie est souvent sous-diagnostiquée. Les recommandations en urologie insistent sur la vigilance particulière à accorder aux patients présentant des calculs rénaux répétés, une néphrocalcinose (présence de dépôts de calcium dans les reins) ou des antécédents familiaux de calculs rénaux précoces.
La prise en charge de l’hyperoxalurie repose sur des mesures préventives, notamment une hydratation abondante (au moins 2 à 3 litres d’eau par jour), une alimentation adaptée et un contrôle des niveaux d’oxalate dans l’organisme. C’est pourquoi le Dr Cansino insiste sur l’importance de sensibiliser le public à cette maladie rare et de favoriser son diagnostic précoce.
« Une simple analyse métabolique peut modifier l’évolution de la maladie et améliorer la qualité de vie des patients »
Dr José Ramón Cansino, urologue
