Publié le 8 novembre 2023 19h49. L’Opéra de San Francisco a récemment présenté une nouvelle production de « Parsifal » de Wagner, une œuvre monumentale qui continue de fasciner et de diviser le public, tandis que la Cinquième Symphonie de Beethoven, interprétée par Eun Sun Kim, a offert une expérience musicale particulièrement intense.
- La Cinquième Symphonie de Beethoven, interprétée par Eun Sun Kim, a été saluée pour sa qualité sonore exceptionnelle et son interprétation novatrice.
- La nouvelle production de « Parsifal » de Wagner, bien que longue et complexe, a suscité des réflexions sur la rédemption, la compassion et la spiritualité.
- Le programme de l’Opéra de San Francisco a également mis en lumière l’œuvre du compositeur espagnol Manuel de Falla, offrant un contraste rafraîchissant avec la tradition germanique.
La musique romantique allemande du XIXe siècle, incarnée par des compositeurs tels que Beethoven, Brahms et Wagner, occupe une place particulière dans le cœur de Richard Bammer, un mélomane assidu des salles de concert de Vacaville et de la région de la baie de San Francisco depuis plus de 35 ans. Il témoigne d’une fascination durable pour ces œuvres, capables de provoquer une profonde résonance émotionnelle, psychologique et intellectuelle.
Récemment, c’est la Cinquième Symphonie de Beethoven qui l’a particulièrement marqué. Dirigée par Eun Sun Kim, directrice musicale de l’Opéra de San Francisco, la performance du 1er novembre au War Memorial Opera House a été une révélation. Bammer a été frappé par la configuration de l’orchestre, avec les violoncelles à gauche et les cordes aiguës répartis de part et d’autre, une disposition qui, selon lui, a contribué à une qualité sonore inégalée. Il décrit l’interprétation de Kim comme pleine d’élan, de souplesse et de profondeur, capturant l’essence même de chaque mouvement, de la puissance du premier au ferveur du dernier.
La Cinquième Symphonie de Beethoven, avec son célèbre motif de quatre notes – « dah, dah, dah, dunnnn » – est une œuvre universellement reconnue. Bammer rappelle que ce motif, en code Morse, représentait la lettre V, symbole de victoire pendant la Seconde Guerre mondiale. Il évoque même son utilisation par la juge Judy Sheindlin comme thème d’ouverture de son émission de télévision, soulignant ainsi sa présence omniprésente dans la culture populaire.
La première partie du concert a été consacrée à l’œuvre de Manuel de Falla, avec « Sept chansons populaires espagnoles » et la deuxième suite du « Tricorne ». Bammer salue la performance de la mezzo-soprano Daniela Mack, dont la voix crémeuse a sublimé les mélodies espagnoles. Il cite les paroles poignantes de « Polo » :
« Maudit soit l’amour, et maudit soit celui qui m’a fait le comprendre. Ay ! »
Manuel de Falla
L’Opéra de San Francisco a également présenté une nouvelle production de « Parsifal » de Richard Wagner, une œuvre complexe et exigeante qui explore les thèmes de la rédemption, de la compassion et de la spiritualité. Bammer, qui avait déjà assisté à une interprétation de cet opéra il y a 25 ans, a été impressionné par la mise en scène de Matthew Ozawa et la chorégraphie de Rena Butler. Il note cependant que l’œuvre, d’une durée de près de cinq heures, ressemble davantage à un rite religieux qu’à un opéra traditionnel.
La musique de Wagner, massive et luxuriante, a été magnifiquement interprétée sous la direction de Kim. Bammer souligne que l’opéra aborde également la notion bouddhiste d’« illumination par la compassion », un thème subtilement intégré au livret allemand, chanté avec des surtitres en anglais. Il décrit l’œuvre comme une réflexion sur la vie du compositeur, marquée par le génie, le travail acharné et, peut-être, le regret des blessures causées à autrui.
Bammer conclut en soulignant que, malgré sa complexité et ses connotations parfois sombres, « Parsifal » l’a profondément touché sur le plan spirituel, avec ses harmonies novatrices qui ont ouvert la voie à la musique expressionniste du XXe siècle. Pour ceux qui souhaitent découvrir cette œuvre monumentale, une dernière représentation est prévue le 13 novembre au War Memorial Opera House de San Francisco. Les billets, dont les prix varient de 10 $ à 434 $, sont disponibles sur sfopera.com.
Richard Bammer est rédacteur au Reporter.
