Publié le 10 décembre 2025 06:12:00. Les affrontements entre les armées thaïlandaise et cambodgienne se sont intensifiés pour un troisième jour consécutif, relançant les tensions frontalières. L’ancien président américain Donald Trump a annoncé son intention d’intervenir par voie diplomatique, fort de son rôle dans un cessez-le-feu antérieur conclu en juillet.
- Les combats ont fait des victimes des deux côtés : au moins neuf civils cambodgiens tués et 20 blessés, ainsi que quatre soldats thaïlandais tués et 68 blessés.
- Donald Trump affirme avoir déjà discuté avec les dirigeants des deux pays et se targue d’avoir contribué à résoudre d’autres conflits internationaux.
- Bangkok accuse Phnom Penh d’avoir posé des mines terrestres, allégation que le Cambodge réfute.
La reprise des hostilités, après une période de calme relatif, inquiète la communauté internationale. Les tensions se sont exacerbées suite à la suspension par la Thaïlande de mesures de désescalade convenues en octobre, après qu’un soldat thaïlandais ait été blessé par une mine terrestre. Bangkok estime que cette mine a été posée récemment par le Cambodge, ce que Phnom Penh nie fermement.
Les deux pays ont mis en œuvre des opérations d’évacuation de masse dans les zones frontalières, des centaines de milliers de personnes ayant été déplacées. Le ministère cambodgien de la Défense a déclaré que ses troupes n’avaient d’autre choix que de se défendre, accusant l’armée thaïlandaise de bombarder sans discernement des zones résidentielles civiles. Bangkok rejette ces accusations.
Selon des sources militaires thaïlandaises, l’objectif de l’offensive est de « paralyser la capacité militaire du Cambodge pour une longue période ». L’armée thaïlandaise vise à réduire la capacité de son voisin à lancer des attaques.
Donald Trump, lors d’un meeting en Pennsylvanie, a évoqué son rôle dans la résolution de plusieurs conflits, citant notamment les tensions entre le Pakistan et l’Inde, ainsi qu’entre Israël et l’Iran. Il a ensuite abordé la situation en Asie du Sud-Est :
« Je déteste dire celui-ci, nommé Cambodge-Thaïlande, et il a commencé aujourd’hui et demain je vais devoir passer un appel téléphonique. Qui d’autre pourrait dire que je vais passer un appel téléphonique et arrêter une guerre entre deux pays très puissants, la Thaïlande et le Cambodge. »
Donald Trump, ancien président américain
L’ancien président américain avait déjà joué un rôle clé dans la trêve fragile conclue en juillet, après des combats qui avaient fait au moins 48 morts, les affrontements les plus violents entre les deux pays ces dernières années. À l’époque, il avait utilisé son influence dans les négociations commerciales pour obtenir un cessez-le-feu.
Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a toutefois exprimé son scepticisme quant à l’efficacité de la pression économique pour forcer son pays à entamer des négociations. Il a déclaré à Reuters qu’il ne voyait aucun potentiel de négociations immédiates, estimant que la situation n’était pas propice à une médiation extérieure. À l’inverse, un conseiller proche du Premier ministre cambodgien Hun Manet a affirmé à Reuters que son pays était « prêt à parler à tout moment ».
Les tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge sont anciennes et ont déjà été à l’origine de plusieurs affrontements armés par le passé. La question du territoire contesté autour du temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, reste un point de friction majeur entre les deux pays. Plus d’informations sur les objectifs militaires thaïlandais.
