Publié le 2024-11-28 14:35:00. Une nouvelle évaluation cardiovasculaire à la Clinique Universitaire de Navarre révèle qu’un patient sur cinq présente des signes d’athérosclérose significative, même en l’absence de facteurs de risque connus, soulignant l’importance d’un dépistage précoce.
- Les maladies cardiovasculaires demeurent la deuxième cause de décès en Espagne, avec un taux de mortalité de 26,1 % en 2024.
- Plus de 110 000 nouveaux cas d’accident vasculaire cérébral (AVC) sont détectés chaque année, et l’incidence augmente chez les jeunes adultes.
- Un nouveau logiciel intégré au bilan ICAP permet d’évaluer la vulnérabilité des plaques d’athérosclérose, même chez les patients asymptomatiques.
Les maladies cardiovasculaires continuent de représenter un défi majeur de santé publique en Espagne. Selon l’Institut National de la Statistique, elles sont responsables de 26,1 % des décès en 2024. Parmi ces pathologies, l’accident vasculaire cérébral (AVC) est particulièrement préoccupant, avec plus de 110 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Il constitue la principale cause de handicap acquis chez les adultes, mais les spécialistes observent une augmentation inquiétante de son incidence chez les jeunes adultes, avec une hausse de 40 %.
Face à cette situation, la Clinique Universitaire de Navarre a développé en 2020 le bilan cardiovasculaire ICAP (Programme d’évaluation cardiovasculaire intégré). Initialement destiné aux patients présentant des facteurs de risque tels que l’hypertension, l’obésité, le diabète, l’hypercholestérolémie, le tabagisme ou le stress, ainsi qu’à ceux ayant des antécédents familiaux de maladies cardiaques ou d’AVC, ce bilan a été considérablement amélioré.
Depuis cinq ans, l’unité Checkup de la clinique utilise un nouveau logiciel capable de caractériser précisément la composition des plaques d’athérosclérose, ces dépôts qui réduisent le flux sanguin. Cette innovation permet de déterminer la taille et le degré d’obstruction causés par ces plaques, mais aussi d’évaluer leur vulnérabilité et le risque de rupture. Grâce à cet outil, les médecins peuvent identifier les plaques les plus instables et dangereuses, même chez des patients qui ne présentent aucun symptôme.
Le bilan ICAP a également été enrichi d’autres améliorations visant à renforcer son caractère global et préventif. Il intègre désormais une analyse non invasive du flux coronarien par tomodensitométrie, ainsi qu’un profilage génétique permettant d’identifier les variantes associées à une prédisposition accrue aux maladies cardiovasculaires.
Un suivi clinique prolongé des patients permettra d’analyser l’évolution de leur état et de vérifier si les traitements mis en place ont réussi à modifier les caractéristiques morphologiques ou la taille des plaques. À ce jour, plus de 300 patients ont bénéficié de ce bilan complet. L’analyse des résultats a révélé qu’un patient sur cinq (20 %) présentait des plaques d’athérosclérose importantes, notamment au niveau des artères coronaires. Dans 3 % des cas, ces plaques étaient asymptomatiques et nécessitaient des interventions de revascularisation.
Les spécialistes de la Clinique Universitaire de Navarre insistent sur l’importance de connaître sa situation cardiovasculaire, en particulier après 45 ans, afin d’établir un plan de prévention personnalisé.
