Publié le 13 janvier 2026 10:32:00. Donald Trump a annoncé un plafonnement des taux d’intérêt des cartes de crédit aux États-Unis à 10 % par an, une mesure inédite qui a provoqué une réaction immédiate sur les marchés financiers et soulève des questions sur son impact sur le secteur bancaire.
- Donald Trump limite les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10 % par an pour une durée d’un an.
- Cette décision a entraîné une vente massive d’actions bancaires à Wall Street.
- En Argentine, les taux des cartes de crédit atteignent des niveaux exceptionnellement élevés, dépassant largement l’inflation prévue.
La décision de Donald Trump de plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit constitue une rupture avec les pratiques habituelles aux États-Unis, où une telle réglementation est généralement associée à des politiques plus populistes. L’annonce, faite dimanche dernier, vise à alléger le fardeau financier des ménages américains, mais suscite l’inquiétude des institutions financières.
Concrètement, cette mesure forcera les émetteurs de cartes de crédit à réduire leurs taux, passant d’une moyenne de 28 à 29 % par an à un maximum de 10 % (obligatoire). L’annonce a immédiatement déclenché une vague de ventes d’actions bancaires en début de semaine, les investisseurs craignant une baisse de la rentabilité du secteur. Certaines banques ont d’ores et déjà averti que l’administration républicaine devra en assumer les conséquences.
« Nous ne laisserons plus le peuple américain se faire écraser par les sociétés émettrices de cartes de crédit. »
Donald Trump, président des États-Unis
Selon le président américain, les entreprises du secteur appliquent des taux d’intérêt excessivement élevés, allant de 20 % à plus de 30 %, une situation qu’il juge inacceptable et qui, selon lui, s’est aggravée sous l’administration précédente.
Situation préoccupante en Argentine
Parallèlement, la situation des taux d’intérêt des cartes de crédit en Argentine est particulièrement alarmante. Les taux pratiqués atteignent des sommets historiques en termes réels. Aujourd’hui, le paiement du minimum mensuel et le refinancement du solde entraînent un coût financier total (CFT) moyen de 196,7 % par an.
Cela représente 6,5 fois l’inflation prévue pour 2025. Et un niveau 10 fois supérieur à l’inflation projetée par le gouvernement dans le Budget 2026.
Selon un expert financier interrogé par iProfessionnel, « Avec un CFT de 196,7 %, une dette de carte de 1 000 $ génère près de 100 $ d’intérêts par mois. Si seul le minimum est payé (10 % de la dette dans notre exemple), la dette devient pratiquement perpétuelle. »
Ce scénario illustre les difficultés rencontrées par de nombreuses familles qui ne parviennent pas à rembourser intégralement leurs dettes de carte de crédit à la date d’échéance. En Argentine, le taux de délinquance pour les prêts personnels augmente déjà, atteignant jusqu’à 10 % dans certaines grandes banques.
En comparaison, les taux d’intérêt pour les découverts bancaires ont connu une baisse récente, passant de 190 % du taux annuel nominal à 46,4 %, selon les dernières statistiques de la BCRA (Banque Centrale de la République Argentine) au 6 janvier.
Attentes d’une baisse de l’inflation
À Buenos Aires, on estime que la baisse des taux d’intérêt ne se poursuivra que si l’inflation montre une tendance à la baisse claire et durable. Cette tendance s’est toutefois interrompue au cours du dernier semestre.
Pour que cette dynamique se confirme, il est essentiel que l’inflation diminue. Un taux mensuel de 2 %, s’il se maintient, pourrait établir un seuil difficile à franchir. L’évolution future dépendra largement de la stratégie du gouvernement en matière d’accumulation de réserves et de la valeur du dollar par rapport au peso argentin.
Les banques affirment également qu’elles sont prêtes à réduire leurs taux dès que possible. Il y a quelques mois, ces taux se situaient entre 114 et 117 % par an, et début 2025, ils étaient d’environ 105 à 110 % par an. Malgré la stabilisation du taux de change et la légère baisse des taux d’intérêt, le crédit à la consommation continue de diminuer et le niveau de consommation reste modéré.
Le gouvernement espère que les banques reprendront leurs activités de prêt aux familles. Cette dynamique s’est interrompue en milieu d’année en raison des tensions financières, de l’explosion des taux d’intérêt et de la perte de pouvoir d’achat de la population. En conclusion, les coûts de refinancement des cartes de crédit devraient diminuer de manière significative dans les semaines à venir, même s’ils resteront élevés par rapport à l’inflation attendue.
