Publié le 30 septembre 2025 à 20h03. La justice péruvienne a obtenu le transfert de plus de 21 millions de dollars (environ 19,5 millions d’euros) depuis le Costa Rica, des fonds liés à des affaires de corruption impliquant l’ancien président Alejandro Toledo, et qui seront désormais affectés au trésor public péruvien.
- Plus de 21 millions de dollars, initialement transférés vers des sociétés écrans au Costa Rica, sont en cours de rapatriement au Pérou.
- Ces fonds proviennent de pots-de-vin versés par les entreprises de construction brésiliennes Odebrecht et Camargo Correa en échange de contrats d’œuvres publiques.
- L’argent a transité par des comptes liés à Josef Maiman, un ami proche d’Alejandro Toledo, et a finalement été utilisé pour des acquisitions immobilières au Pérou.
Après des années de procédures judiciaires et une collaboration effective de Josef Maiman, la justice péruvienne a réussi à récupérer des actifs considérables dissimulés à l’étranger. Cette avancée intervient alors qu’Alejandro Toledo attend de connaître l’issue de ses appels contre les lourdes peines prononcées à son encontre dans les affaires Odebrecht et Ecoteva.
Selon l’enquête, Alejandro Toledo Manrique a reçu au total 34 252 721 dollars (environ 31,6 millions d’euros) d’Odebrecht et de Camargo et Correa. Ces sommes ont été versées sur les comptes de sociétés écrans basées au Panama – Warbury, Trailbridge et Merhav – appartenant à Josef Maiman. Une partie de ces fonds a été utilisée pour des dépenses bancaires, tandis que 21 250 508 dollars (environ 19,5 millions d’euros) ont été transférés vers un fonds international.
C’est de ce fonds qu’est parti le transfert de 21 250 508 dollars vers les sociétés de conseil costariciennes Milan Ecotech Consulting et Sunsh Dash Consulting. Ces fonds ont ensuite été mis à disposition d’Ecoteva Consulting, pour un montant de 16 370 255,98 dollars (environ 15 millions d’euros). Précisément, 5,3 millions de dollars (environ 4,9 millions d’euros) ont été versés à Eva Fernenburg, la belle-mère d’Alejandro Toledo, qui les a utilisés pour acquérir des biens immobiliers au Pérou.
La collaboration de Josef Maiman a permis d’identifier et de saisir les biens acquis au Pérou grâce à ces fonds, ainsi que l’argent utilisé pour le paiement des hypothèques. Suite à la condamnation d’Ecoteva, ces actifs sont désormais officiellement la propriété de l’État péruvien.
En 2017, suite à l’approbation de la collaboration effective de Josef Maiman, la justice a ordonné la confiscation de 6 635 000 dollars (environ 6,1 millions d’euros), plus les intérêts générés, sur les comptes 320780100 et 320780101 de la Scotia-Bank du Costa Rica, appartenant à la société Ecostate Consulting SA.
Par une résolution datée du 24 septembre 2025, le juge Richard Concepción Carhuancho a ordonné au juge costaricien de procéder au rapatriement de ces fonds sur les comptes de l’État péruvien.
« Le juge en enquête préparatoire du premier tribunal national d’enquête préparatoire présente sa salutation aux illustres autorités compétentes de l’État du Costa Rica ; et invoquant l’accord des Nations Unies contre la corruption et le principe de reprise ; demande la confiscation et le rapatriement des actifs atteignant 635 000 dollars intérêts, ainsi que les intérêts générés, ils restent immobilisés dans l’entité Scotia de la République du Costa Rica, dans les comptes enregistrés au nom de la société Ecostate Consulting SA (comptes NROS 320780100 et 320780101) ; »
Richard Concepción Carhuancho, Juge en enquête préparatoire
Le magistrat a rappelé que, selon le ministère public, une résolution du tribunal pénal du circuit judiciaire de San José de Costa Rica, datée du 5 février 2021, avait déjà décidé de la confiscation des fonds sur les comptes 320780100 et 320780101.
Richard Concepción Carhuancho a souligné que les faits reprochés à Josef Maiman, en tant que collaborateur effectif, constituent une double incrimination, car ils sont considérés comme des crimes tant au Pérou (collusion) qu’au Costa Rica.
Il a également précisé que la société Ecostate Consulting Sociedad Anonima avait été informée de la décision de collaboration effective, ainsi que de sa défense technique, qui ne s’y était pas opposée.
Par conséquent, le juge a estimé que toutes les conditions légales étaient remplies pour procéder à l’homologation de la peine et au rapatriement des fonds, ainsi qu’à la confiscation des actifs atteignant 635 000 dollars, plus les intérêts.
Cet argent – qui doit être transféré sur les comptes de l’État péruvien – reste immobilisé à la Scotia-Bank du Costa Rica, sur les comptes enregistrés au nom de la société Ecostate Consulting SA (NROS 320780100 et 320780101).
