Publié le 20 décembre 2025 à 07h00. Myles Breen, figure emblématique du panto irlandais, revient cette année dans le rôle de la méchante belle-mère dans Cendrillon à Limerick, partageant avec nous les joies et les imprévus de ce genre théâtral unique.
- Myles Breen, acteur irlandais de 61 ans, en est à sa 25e année à incarner des personnages féminins dans des pantomimes.
- Les spectacles de panto sont particulièrement inclusifs, avec des représentations adaptées aux enfants ayant des troubles sensoriels.
- L’improvisation et les incidents de scène font partie intégrante du charme et de l’attrait du panto.
Pour Myles Breen, le panto est bien plus qu’une simple représentation : c’est une tradition familiale, un moment de partage et de rire pour tous les âges. L’acteur, qui a débuté sa carrière de panto au théâtre Everyman Palace de Cork en incarnant Pinocchio, explique que le rôle de la « dame » (la méchante belle-mère ou la sorcière) est intemporel et lui permet de s’épanouir sur scène tant que ses jambes le lui permettent.
L’année dernière, lors d’une production de Mère Oie, un incident mémorable a illustré la nature imprévisible des spectacles pour enfants. Une jeune spectatrice, d’environ huit ans, s’est installée dans un lit faisant partie du décor et a commencé à faire semblant de dormir, souhaitant simplement participer à l’histoire. L’acteur raconte :
« Eh bien, tant que tu es à l’aise, chérie », lui dis-je. J’ai demandé à son père de venir la chercher sur scène dès qu’il serait prêt. C’était un rappel supplémentaire qu’une dame de pantomime doit toujours s’attendre à l’inattendu.
Myles Breen souligne l’importance d’adapter les spectacles aux besoins spécifiques du public, notamment lors des représentations destinées aux enfants ayant des troubles sensoriels. Il explique qu’il est crucial de ne pas précipiter les enfants hors de la scène et de faire preuve de prudence pour éviter de les dépasser. Ces performances sont particulièrement précieuses pour les familles dont les enfants n’auraient peut-être pas l’occasion de profiter du panto autrement.
Les péripéties ne manquent pas non plus en coulisses. L’acteur se souvient d’un moment particulièrement amusant lors d’une représentation de Jack et le haricot magique, où il jouait la mère de Jack. La vache, interprétée par deux danseurs dans un costume encombrant, s’est retrouvée désorientée sur scène et a fini par renverser des arbres et d’autres éléments du décor.
« Je n’ai pas pu retenir mon rire face à cette vache géante qui était complètement hors de contrôle »,
raconte-t-il.
Le panto se distingue des autres genres théâtraux par sa capacité à embrasser l’improvisation et les erreurs. Si un acteur oublie une réplique, l’erreur est intégrée au spectacle et devient une source de rire pour le public. Cette année, Myles Breen interprétera pour la huitième fois le rôle de la méchante belle-mère, un personnage qu’il connaît désormais sur le bout des doigts. Il confie que jouer la méchante est plus facile que jouer Cendrillon, car la méchante peut se permettre d’être exubérante et de faire des grimaces, tandis que Cendrillon doit incarner l’authenticité et la gentillesse.
Malgré son expérience, Myles Breen reste toujours surpris par la reconnaissance du public. Les parents l’identifient souvent dans la rue, mais ce sont généralement les enfants qui ont du mal à croire qu’il est bien la dame qu’ils ont vue sur scène, jusqu’à ce qu’il prenne sa voix. Il ajoute que ce rôle lui a permis de constater à quel point les gens sont gentils et bienveillants.
Avec l’âge, Myles Breen accorde une attention particulière à sa santé et veille à avoir toujours du Lemsip et du miel à portée de main pour préserver sa voix. Il est heureux de constater qu’après toutes ces années, il continue d’aimer son travail et qu’il n’est ni fatigué ni blasé. Il apprécie particulièrement de faire découvrir le panto à de nouveaux publics, notamment à ses nièces et neveux venus du monde entier.
Myles Breen sera à l’affiche de Cendrillon au University Concert Hall de Limerick du 15 décembre 2025 au 11 janvier 2026. Pour plus d’informations, consultez le site uch.ie.
