Publié le 2024-02-29 14:35:00. Saviez-vous que la durée de vie limitée de nos ampoules n’est pas le fruit du hasard ? Un cartel oublié du milieu du XXe siècle, le Phoebus, a sciemment réduit la longévité de ces objets du quotidien, une pratique qui perdure aujourd’hui sous le nom d’obsolescence programmée.
- Le cartel Phoebus, actif entre 1925 et 1939, a orchestré une réduction de la durée de vie des ampoules à incandescence de 2 500 heures à 1 000 heures pour stimuler les ventes.
- L’obsolescence programmée, cette limitation artificielle de la durée de vie des produits, reste un problème majeur de la consommation moderne.
- La réparation et l’entretien régulier des appareils électroménagers peuvent permettre d’éviter des remplacements coûteux et de réduire le gaspillage.
Il y a quelques années, une simple réflexion sur la fréquence à laquelle je devais remplacer mes ampoules m’a conduit à une découverte surprenante : l’histoire du cartel Phoebus. Entre 1925 et 1939, les plus grands fabricants d’ampoules électriques européens et américains se sont entendus pour limiter la durée de vie de leurs produits. Initialement conçues pour durer 2 500 heures, les ampoules ont vu leur espérance de vie réduite à 1 000 heures, une décision purement économique visant à augmenter le volume des ventes.
Bien que le cartel Phoebus ait été dissous avant la Seconde Guerre mondiale, cette pratique a laissé des traces durables. La durée de vie moyenne d’une ampoule standard est restée artificiellement plafonnée à environ 1 000 heures. Ce type de stratégie, consistant à concevoir des produits avec une durée de vie limitée, est aujourd’hui connu sous le nom d’obsolescence programmée. Ce concept, qui peut sembler abstrait, a des conséquences bien réelles sur notre pouvoir d’achat et sur l’environnement.
Pour illustrer l’ampleur du changement, un foyer devait autrefois acheter 25 ampoules à incandescence pour bénéficier de 25 000 heures d’éclairage. Aujourd’hui, les ampoules longue durée promettent jusqu’à 25 000 heures de fonctionnement. Si leur prix d’achat initial peut être plus élevé, elles s’avèrent finalement plus économiques grâce à leur longévité accrue.
Personnellement, j’ai investi dans des ampoules connectées avant la pandémie de Covid-19 et je n’ai eu besoin de les remplacer depuis. Mes luminaires sont donc éclairés depuis plus de cinq ans, un contraste frappant avec le rythme de remplacement d’environ tous les neuf mois que j’avais auparavant.
Récemment, j’ai également pris les choses en main en réparant deux appareils électroménagers qui auraient pu être condamnés. La première intervention concernait une machine à laver intégrée à une cuisine équipée. Le bruit de pompage anormal m’a alerté. Si la réparation d’appareils encastrés peut sembler intimidante, l’accès au mécanisme s’est avéré relativement simple après avoir retiré le panneau de protection.
Après avoir débranché et vidé la machine, j’ai pu ouvrir le drain externe et le filtre à l’aide d’une pince. Malgré mes précautions habituelles pour vérifier les poches avant de lancer un cycle, j’ai découvert un bâton à cocktail, une masse de cheveux et quelques morceaux de tissu coincés dans le filtre. L’odeur était peu ragoûtante, mais après un nettoyage minutieux, le filtre a été remis en place et la machine a redémarré sans problème.
Ces filtres, souvent difficiles d’accès, notamment lorsqu’ils sont dissimulés derrière des meubles de cuisine, sont pourtant essentiels au bon fonctionnement de l’appareil. Les fabricants le savent bien, et un manque d’entretien régulier peut entraîner des dommages irréparables.
Mon second chantier concernait le sèche-linge. Le nettoyage régulier du filtre à peluches est une habitude indispensable, car l’accumulation de fibres peut présenter un risque d’incendie. Mon modèle est un sèche-linge à condensation, qui utilise un système de refroidissement pour transformer la vapeur d’eau en liquide, collecté dans un réservoir à vider tous les trois cycles environ.
Cependant, avec le temps, l’unité de condensation peut s’obstruer avec des peluches humides, réduisant l’efficacité du séchage et augmentant considérablement le temps de cycle – jusqu’à quatre heures pour une charge qui prendrait normalement 90 minutes. Cette surchauffe potentielle représente également un danger d’incendie.
Il est donc recommandé de nettoyer soigneusement l’unité de condensation tous les quinze jours à l’aide d’un jet d’eau puissant. Les peluches retirées doivent être jetées à la poubelle, et non jetées dans les égouts. Une fois l’unité propre, le sèche-linge retrouve son efficacité.
Ces deux interventions de maintenance m’ont pris environ une heure au total. Remplacer la machine à laver et le sèche-linge m’aurait coûté plusieurs semaines de salaire. Sans parler du risque potentiel d’incendie ! Les fabricants misent sur notre manque de connaissances en matière de réparation et d’entretien. Ils préfèrent que nous achetions de nouveaux appareils plutôt que de prolonger la durée de vie de ceux que nous possédons, augmentant ainsi leurs profits.
Pour contrer cette tendance et l’obsolescence programmée, il est essentiel de se renseigner et d’apprendre à effectuer quelques tâches d’entretien simples à la maison. Cela peut vous faire économiser beaucoup d’argent à long terme.
