Publié le 28 novembre 2025 03:17:00. Le gouvernement japonais envisage de faire payer davantage aux patients les médicaments sur ordonnance dont les principes actifs sont également disponibles en vente libre, une mesure qui suscite de vives critiques de la part des professionnels de santé et des associations de patients.
- Une sous-commission gouvernementale a donné son accord pour l’instauration d’un ticket modérateur spécifique pour ces médicaments.
- Le gouvernement et la coalition au pouvoir prévoient de définir un cadre précis d’ici la fin de l’année.
- L’Association médicale japonaise et les organisations de patients s’opposent fermement à cette réforme.
Tokyo pourrait prochainement modifier les règles de remboursement des médicaments. Une sous-commission chargée de l’assurance maladie publique a validé, jeudi, la proposition d’instaurer un surcoût pour les patients se voyant prescrire des médicaments dont la composition est similaire à celle de produits disponibles sans ordonnance. L’assurance maladie continuerait toutefois de couvrir une partie du prix.
Cette décision s’inscrit dans une volonté affichée par le Parti libéral-démocrate (PLD) et son allié, le Parti de l’innovation japonaise (JIP), de maîtriser les dépenses de santé. Le JIP, en particulier, plaide pour une réduction significative des coûts et certains de ses membres estiment que les médicaments de type “OTC” (médicaments en vente libre) ne devraient pas être pris en charge par l’assurance. Actuellement, ces médicaments, même prescrits par un médecin, sont remboursés, les patients n’ayant à débourser que 10 à 30 % du prix total.
Si la réforme aboutit, les patients pourraient être contraints d’acheter directement en pharmacie les équivalents en vente libre, souvent plus chers. Cette perspective inquiète vivement les acteurs du secteur de la santé. L’Association médicale japonaise et diverses organisations de patients ont exprimé leur opposition, craignant que les patients ne retardent leur consultation médicale ou ne s’auto-médiquent, aggravant ainsi leur état de santé.
« Si les gens achètent des médicaments sans ordonnance et cessent de consulter des médecins, leurs maladies pourraient s’aggraver. »
Association médicale japonaise
Le gouvernement et la coalition au pouvoir entendent maintenant engager des discussions plus approfondies pour déterminer les modalités précises de cette nouvelle politique, notamment la liste des médicaments concernés par le surcoût. Les négociations s’annoncent difficiles, compte tenu des divergences d’opinions au sein du JIP et de la forte opposition des professionnels de santé.
