Publié le 29 septembre 2025 08:01:00. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), notamment la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn, connaissent une progression alarmante au Japon, avec une augmentation de près de 40% des cas en huit ans, selon une étude gouvernementale récente.
- Le nombre de personnes atteintes de colite ulcéreuse s’élève désormais à environ 316 900, tandis que 95 700 Japonais souffrent de la maladie de Crohn.
- Cette augmentation significative, plus de 1,4 fois supérieure à celle observée en 2015, soulève des inquiétudes quant à l’évolution de ces pathologies.
- Les MICI sont reconnues comme des «maladies intraitables désignées» par le gouvernement japonais, ouvrant droit à des aides financières pour le traitement.
Une étude menée par une équipe du ministère de la Santé, regroupant des chercheurs de l’Université de Toho, de l’Université de Kyorin et de l’Université Métropolitaine d’Osaka, a révélé une hausse spectaculaire de la prévalence des MICI au Japon. Les résultats, publiés ce mois-ci dans le Journal of Gastroenterology, estiment qu’en 2023, 316 900 personnes étaient atteintes de colite ulcéreuse et 95 700 de la maladie de Crohn. En 2015, une enquête nationale faisait état d’environ 220 000 patients atteints de colite ulcéreuse et 71 000 de la maladie de Crohn.
La prévalence de ces maladies, exprimée pour 100 000 habitants, atteint aujourd’hui 254,8 cas de colite ulcéreuse et 77,0 cas de maladie de Crohn. Les chercheurs soulignent que le nombre de patients a été multiplié par dix en seulement dix ans, si l’on compare ces chiffres à ceux d’une enquête similaire réalisée en 1991.
La colite ulcéreuse affecte principalement le gros intestin, tandis que la maladie de Crohn touche les muqueuses de l’ensemble du tube digestif. Ces deux affections chroniques, dont les causes exactes restent inconnues, provoquent une inflammation du système digestif, se manifestant par des diarrhées, des douleurs abdominales et diverses complications. À ce jour, aucun traitement curatif n’existe.
Les MICI sont classées comme « maladies intraitables désignées » en vertu d’une loi japonaise qui permet aux patients de bénéficier d’une aide gouvernementale pour leur prise en charge. Cette classification concerne les maladies rares et incurables, caractérisées par des mécanismes pathologiques mal définis, nécessitant des soins de longue durée et touchant moins de 0,1% de la population, tout en étant diagnostiquées grâce à des critères objectifs.
L’ancien Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a d’ailleurs été contraint de démissionner à deux reprises, en 2007 et en 2020, en raison de la colite ulcéreuse.
Les chercheurs insistent sur le fait que cette étude offre une vision plus précise de l’impact national des MICI, en incluant les cas légers et ceux qui ne sont pas couverts par les certificats médicaux gouvernementaux. Ils recommandent un suivi continu afin d’améliorer la prise en charge, la prévention et la planification des soins de santé, compte tenu de l’augmentation de la prévalence de ces maladies.
