Publié le 22 décembre 2025 à 14h01. Une étude japonaise révèle un lien surprenant entre l’apparition des cheveux blancs et la capacité de l’organisme à freiner le développement de certains cancers, notamment le mélanome. Ce phénomène pourrait être lié à un mécanisme de défense cellulaire face aux dommages à l’ADN.
- Les chercheurs de l’Université de Tokyo ont identifié un processus par lequel les cellules souches du bulbe pileux se sacrifient pour empêcher la prolifération de cellules potentiellement cancéreuses.
- Ce mécanisme de protection n’est pas systématique : certains facteurs de stress, comme les rayons UV, peuvent au contraire favoriser la division de cellules endommagées et l’apparition du mélanome.
- L’étude suggère que le destin des cellules souches mélanocytes dépend à la fois de la nature des dommages subis et de leur environnement cellulaire.
Des scientifiques de l’Université de Tokyo ont mis en évidence un lien inattendu entre la perte de pigmentation des cheveux et la lutte contre le cancer. Leur recherche, menée sur des souris, suggère que l’apparition des cheveux blancs pourrait être un signe que l’organisme met en place une défense contre la formation de tumeurs.
L’équipe de recherche s’est concentrée sur les cellules souches présentes dans le bulbe pileux, responsables de la production de mélanine, le pigment qui donne sa couleur à la peau et aux cheveux. Ils ont découvert que lorsque ces cellules souches subissent des dommages importants à leur ADN, notamment des cassures double brin, elles peuvent choisir de mourir plutôt que de se multiplier. Ce processus, bien que conduisant à la perte de pigmentation et donc à l’apparition des cheveux gris, aurait pour effet de limiter le risque de développement de mélanomes.
Ce mécanisme de protection est finement régulé par des voies de signalisation internes qui permettent aux cellules de communiquer entre elles. En éliminant les cellules souches endommagées, l’organisme évite l’accumulation de mutations génétiques susceptibles de favoriser la croissance tumorale. Cependant, l’étude a révélé que ce processus n’est pas toujours activé.
Lorsqu’elles ont exposé les cellules souches mélanocytes à des agents cancérigènes puissants et à des rayons UV, les chercheurs ont constaté que celles-ci contournaient parfois la différenciation cellulaire. Au lieu de se sacrifier, elles continuaient à se diviser, malgré les dommages à leur ADN, sous l’influence des tissus environnants. Cette situation créait un environnement propice à l’apparition du mélanome. Les chercheurs décrivent cette dynamique comme des « destins antagonistes », où la même population de cellules souches peut emprunter des voies radicalement différentes en fonction des circonstances.
En résumé, l’étude suggère que le sort des cellules souches mélanocytes dépend à la fois du type de dommage subi et des signaux moléculaires présents dans leur microenvironnement. Les facteurs de stress, tels que les produits chimiques ou les rayons UV, peuvent déclencher l’autodestruction des cellules souches, conduisant à l’apparition des cheveux gris, mais sous l’influence de cellules tumorales, ces mêmes cellules peuvent persister et devenir le point de départ d’un mélanome.
