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Genève : des matériaux à risque échappent aux contrôles de l’État

Des matériaux à risque, notamment des produits contenant des fibres de verre et des composés chimiques, échappent régulièrement aux contrôles de l'État dans les nouveaux quartiers de Genève, révèle une enquête de la rédaction de Le Temps. Les…

Genève : des matériaux à risque échappent aux contrôles de l'État

Des matériaux à risque, notamment des produits contenant des fibres de verre et des composés chimiques, échappent régulièrement aux contrôles de l’État dans les nouveaux quartiers de Genève, révèle une enquête de la rédaction de Le Temps.

Les inspections des matériaux de construction dans les zones de développement récentes de Genève, comme le quartier de Petit-Lancy ou les projets de la gare de Cornavin, ont révélé des irrégularités persistantes, selon une analyse des rapports officiels publiés entre janvier et juillet 2026. « Les contrôles sont souvent superficiels, et les fournisseurs s’adaptent rapidement aux normes », affirme un ingénieur en bâtiment, cité par Le Journal de Genève.

Les matériaux non conformes dénoncés par les autorités

Le service cantonal de la construction (SCC) a signalé 42 cas de matériaux non conformes entre avril et juin 2026, dont 18 provenant de fournisseurs locaux. Ces matériaux, notamment des panneaux isolants contenant des fibres de verre et des adhésifs à base de polyuréthane, ne respectaient pas les normes de sécurité environnementale et sanitaire établies par le ministère fédéral de l’Économie. « Les inspections ont révélé des lacunes dans la traçabilité des fournitures, ce qui rend difficile la responsabilisation des acteurs », explique un responsable du SCC.

Un rapport de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) daté du 12 juillet 2026 souligne que certains matériaux vendus dans les chantiers de Genève contiennent des concentrations de composés volatils organiques (COV) supérieures aux seuils réglementaires. « Ces substances peuvent provoquer des irritations respiratoires et des risques à long terme pour la santé », précise l’OFSP. Les autorités genevoises ont ouvert des enquêtes sur trois fournisseurs, dont une entreprise basée à Meyrin, citée pour avoir livré des matériaux non certifiés.

Des lacunes dans le système de contrôle

Les inspections régulières, organisées par le SCC, sont souvent limitées à des échantillonnages aléatoires, ce qui permet aux fournisseurs de contourner les règles. « Le manque de personnel spécialisé et de moyens techniques rend les contrôles inefficaces », déclare un syndicaliste de la construction, interrogé par L’Hebdo. Selon les données du SCC, 30 % des chantiers récents n’ont pas été inspectés en profondeur depuis 2024.

Un document interne du SCC, daté de mai 2026 et obtenu par Le Temps, révèle que les inspections sont souvent effectuées par des organismes de certification privés, dont la réputation est parfois remise en question. « Certains de ces organismes ont des liens économiques avec les fournisseurs, ce qui crée un conflit d’intérêts », affirme un expert indépendant, cité par 24 Heures.

Réactions des autorités et mesures en cours

Le Conseil d’État de Genève a annoncé, le 23 juillet 2026, la mise en place d’une inspection renforcée des matériaux de construction, avec l’implication de laboratoires externes et de contrôles aléatoires. « Nous devons garantir la sécurité des habitants et des ouvriers », a déclaré la conseillère générale Christine Ruch. Les autorités prévoient également de simplifier le processus de certification des fournisseurs.

Le ministère fédéral de l’Économie a, quant à lui, lancé une enquête sur les normes de certification des matériaux, en réponse aux préoccupations soulevées par les autorités genevoises. « Nous travaillons à renforcer les critères de contrôle pour éviter les erreurs de traçabilité », a précisé un porte-parole du ministère. Cependant, des associations de consommateurs critiquent le manque de transparence dans ces mesures.

Les risques pour les habitants et les travaux

Les matériaux non conformes posent des risques directs pour les habitants des nouveaux quartiers. Un cas récent, en juin 2026, a vu une famille évacuée temporairement après l’émission de gaz toxiques provenant d’un isolant mal installé. « Ces incidents montrent que les normes ne sont pas suffisamment appliquées sur le terrain », affirme un responsable de l’association de défense des droits des locataires, Genève Solidarité.

Les ouvriers de construction sont également exposés à des risques accrus. Selon une enquête menée par le syndicat UNIA, 25 % des travailleurs interrogés déclarent avoir été exposés à des matériaux non certifiés sans équipement de protection adéquat. « Il faut agir rapidement pour éviter des conséquences irréversibles », insiste un représentant du syndicat.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Les autorités genevoises doivent maintenant mettre en œuvre les mesures annoncées, tout en assurant une transparence accrue. Le Conseil d’État a prévu une réunion avec les fournisseurs et les syndicats en août 2026 pour établir un plan d’action. En parallèle, des associations de consommateurs demandent une révision des normes de certification à l’échelle nationale.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.