Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des chercheurs chinois ont mis au point un dispositif révolutionnaire capable de transformer les clignements d’yeux en énergie, offrant une nouvelle voie d’assistance pour les personnes paralysées et ouvrant des perspectives inédites dans divers domaines technologiques.
- Le système, baptisé ET-TENG, fonctionne sans batterie grâce à un nanogénérateur captant l’énergie produite par le mouvement des paupières.
- Il permet de détecter des mouvements oculaires extrêmement subtils, avec une précision de 99 % pour un angle de déviation de seulement 2 degrés.
- Au-delà de l’assistance médicale, cette technologie pourrait trouver des applications dans l’exploration spatiale, l’automobile et la réalité virtuelle.
Cette avancée, publiée dans la revue Cell Reports Physical Science, représente une percée significative dans le domaine des interfaces homme-machine auto-alimentées. L’intérêt pour ces systèmes, capables de fonctionner de manière durable et fiable, est en forte croissance, porté par les progrès rapides de l’intelligence artificielle.
L’appareil ET-TENG, développé conjointement par les équipes de l’Université de Qingdao et de l’Université des sciences et technologies de Hong Kong, repose sur un principe simple mais ingénieux : la capture de l’énergie mécanique générée par la friction entre la paupière et le globe oculaire lors d’un clignement. Un nanogénérateur, appelé TENG (Triboelectric Nanogenerator), transforme cette énergie en électricité, alimentant ainsi le capteur de mouvements oculaires. Cette solution innovante élimine le besoin d’une batterie externe, un avantage majeur pour les utilisateurs.
Les performances du système sont remarquables. Il est capable de détecter des mouvements oculaires d’une précision de 99 % pour un angle de déviation de seulement 2 degrés. De plus, il fonctionne parfaitement dans l’obscurité totale, contrairement aux systèmes traditionnels basés sur des caméras qui nécessitent une source de lumière externe. Cette capacité ouvre de nouvelles perspectives pour les personnes souffrant de pathologies affectant leur mobilité, comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA), qui conservent souvent la capacité de contrôler leurs mouvements oculaires.
Selon les chercheurs, cette technologie pourrait permettre aux personnes atteintes de SLA d’utiliser des ordinateurs ou de contrôler des fauteuils roulants simplement en bougeant les yeux. Au-delà de l’assistance médicale, les applications potentielles sont vastes. L’équipe évoque notamment l’exploration spatiale, où le système pourrait servir à contrôler des panneaux de commande sans utiliser les mains, ou encore l’industrie automobile, pour surveiller la fatigue du conducteur. La réalité virtuelle pourrait également bénéficier de cette innovation, en permettant de créer des casques plus légers et plus économes en énergie.
« La haute sensibilité, la structure simple et la forte capacité anti-interférence de ce système fournissent un support technique solide pour le développement d’applications dans le domaine des interactions homme-machine », soulignent les chercheurs.
