Publié le 6 octobre 2025 à 04h18. Taïwan refuse catégoriquement une demande américaine visant à partager équitablement sa capacité de production de semi-conducteurs, une requête qui alimente les tensions géopolitiques dans la région et soulève des questions sur la sécurité de l’île face à la Chine.
- Taïwan s’oppose à une division 50/50 de sa production de puces avec les États-Unis.
- Washington justifie cette demande par la nécessité de pouvoir protéger Taïwan en cas d’attaque chinoise.
- Cette situation intervient dans un contexte de relations complexes entre Pékin, Taipei et Washington.
Le vice-Premier ministre taïwanais, Cheng Li-Chiun, a confirmé que son gouvernement n’avait jamais envisagé de céder la moitié de sa production de semi-conducteurs aux États-Unis. Il a déclaré, à son retour de négociations commerciales à Washington cette semaine :
« Notre équipe de négociation ne s’est jamais engagée à diviser la production de chipset 50:50 (avec les États-Unis), afin que le public puisse être calme. »
Cheng Li-Chiun, vice-Premier ministre taïwanais
Cette réponse ferme fait suite à une demande formulée par le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, lors d’une interview accordée à National Press. Lutnick avait évoqué le concept de « Silicon Shield », qui fait référence à la domination de Taïwan dans l’industrie mondiale des semi-conducteurs et à son importance stratégique.
Selon Lutnick, les États-Unis auraient besoin de 50 % de la production de puces taïwanaise pour être en mesure de protéger l’île en cas d’agression chinoise. Il a argumenté :
« Mon argument à eux (Taïwan) est que si vous avez 95 %, comment puis-je le faire pour vous protéger ? Si nous avons la moitié, nous avons la capacité de faire ce que nous devons faire, si cela est nécessaire. »
Howard Lutnick, secrétaire américain au Commerce
Cette déclaration est perçue comme une mise en garde implicite concernant les ambitions de Pékin à l’égard de Taïwan.
Taïwan abrite Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), le plus grand fabricant de semi-conducteurs au monde, dont les produits sont essentiels à la fabrication d’une vaste gamme d’appareils électroniques. La sécurité de Taïwan est donc cruciale pour la stabilité de l’approvisionnement mondial en puces.
Les relations entre la Chine et Taïwan sont particulièrement tendues. Pékin considère Taïwan comme une province renégate et n’exclut pas l’usage de la force pour parvenir à sa réunification. Les États-Unis, bien qu’ils ne reconnaissent pas officiellement Taïwan comme un État indépendant, entretiennent des liens commerciaux étroits avec l’île et se présentent souvent comme son principal allié.
Cette demande américaine intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et la Chine. La situation est d’autant plus délicate que le président chinois Xi Jinping a affiché une détermination accrue à exercer un contrôle sur Taïwan, même par la « coercition ».
Il reste à déterminer si les négociations entre les États-Unis et Taïwan ont impliqué directement TSMC. Le rejet de la demande américaine a été confirmé non seulement par Cheng Li-Chiun, mais a également contribué à exacerber les tensions entre Taïwan et les États-Unis.
Lire aussi: La plus grande usine de puces reprend ses activités après le tremblement de terre à Taïwan
Lire aussi: Le patron d’une usine d’assemblage d’iPhone se présente à la présidence de Taïwan
Lire aussi: Taïwan interdit l’exportation de puces vers Huawei et SMIC, y a-t-il une pression américaine ?
