Publié le 16 décembre 2023 10h15. Un homme, accusé d’avoir tué 15 personnes lors d’une attaque antisémite à Bondi Beach, près de Sydney, en Australie, avait préparé l’acte avec son père, comme l’ont révélé des documents de la police. L’enquête révèle un entraînement au maniement des armes et une idéologie radicale.
- Naveed Akram, 24 ans, a été transféré de l’hôpital à la prison, où il est accusé de 59 infractions, dont 15 chefs d’accusation de meurtre et un chef d’accusation d’acte terroriste.
- La police a découvert une vidéo montrant Akram et son père, Sajid Akram (décédé lors de la fusillade), justifiant l’attaque et exprimant des opinions politiques et religieuses extrémistes.
- Le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud envisage de durcir la législation sur les armes à feu, notamment en exigeant la nationalité australienne pour l’obtention d’un permis.
L’attaque, survenue le 14 décembre lors d’une célébration de Hanoukka, a plongé l’Australie en deuil et relancé le débat sur la sécurité et l’extrémisme. C’est la pire fusillade de masse que le pays ait connue depuis 1996.
Selon les documents de la police, Naveed Akram et son père ont suivi un entraînement au maniement des armes à feu dans une zone rurale de Nouvelle-Galles du Sud. Ils ont également fabriqué des engins explosifs improvisés (EEI) – trois bombes artisanales en aluminium et une balle de tennis remplie d’explosifs, de poudre noire et de billes d’acier – qui ont été lancés sur la foule mais n’ont pas explosé. La police les a néanmoins qualifiés d’« EEI viables ».
La vidéo retrouvée sur le téléphone de Naveed Akram révèle que les deux hommes « condamnaient les actes des sionistes » et adhéraient à une idéologie liée à l’État islamique, selon la police. Une autre vidéo, datant d’octobre, les montre tirant avec des fusils de chasse et se déplaçant de manière tactique dans un champ.
Sajid Akram, 50 ans, possédait légalement six armes à feu, ce qui a conduit le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud à proposer de nouvelles restrictions, limitant le nombre d’armes à quatre pour les tireurs récréatifs. La nouvelle législation exigerait également la nationalité australienne pour l’obtention d’un permis d’armes à feu, une mesure qui aurait empêché Sajid Akram, citoyen indien détenteur d’un visa de résident permanent, d’acquérir légalement des armes.
Treize des blessés lors de la fusillade de Bondi Beach étaient toujours hospitalisés lundi, selon le ministère de la Santé. Les funérailles des victimes se sont poursuivies, notamment celle de Dan Elkayam, un Français de 27 ans qui avait émigré à Sydney l’année précédente.
Le mémorial improvisé érigé près du pavillon Bondi après la tragédie a été partiellement retiré lundi, bien qu’une partie soit conservée par le Musée juif de Sydney. La zone reprend progressivement une activité normale.
Le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud a présenté au Parlement des projets de loi visant à instaurer les mesures les plus strictes en matière d’armes à feu en Australie, selon le Premier ministre Chris Minns.
