Publié le 14 décembre 2023 16:12:00. La Banque centrale européenne (BCE) maintient ses taux d’intérêt inchangés pour la quatrième fois consécutive, tout en revoyant à la hausse ses prévisions de croissance pour la zone euro, signalant une résilience économique inattendue face aux défis mondiaux.
- La BCE conserve son taux d’intérêt directeur à 2 %.
- Les prévisions de croissance pour la zone euro ont été revues à la hausse pour les années 2025, 2026 et 2027.
- L’inflation dans la zone euro reste proche de l’objectif de 2 % de la BCE.
La Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas modifier ses taux d’intérêt lors de sa réunion de ce jeudi, les maintenant à leur niveau actuel. Cette décision, largement anticipée par les économistes, intervient dans un contexte économique mondial marqué par des incertitudes persistantes. Le taux d’intérêt principal de la BCE reste donc fixé à 2 %.
Cependant, la BCE a profité de cette occasion pour revoir à la hausse ses prévisions économiques pour la zone euro. La croissance devrait atteindre 1,4 % en 2025, 1,2 % en 2026 et 1,4 % en 2027, avant de se stabiliser à ce même niveau en 2028. Ces nouvelles estimations sont significativement plus optimistes que celles formulées il y a encore quelques mois. En juin dernier, la BCE tablait sur une croissance de seulement 0,9 % pour l’année en cours. En septembre, elle avait déjà relevé ses prévisions pour 2025 à 1,2 %, marquant ainsi la première révision à la hausse des projections de croissance depuis mars 2024.
Lors de la conférence de presse qui a suivi la décision, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a souligné que les discussions entre les membres du conseil des gouverneurs n’avaient pas porté sur une éventuelle hausse ou baisse des taux. Elle a également précisé qu’il existait un consensus sur la nécessité de maintenir « toutes les options sur la table » pour l’avenir.
La présidente Lagarde a mis en avant la résilience de l’économie européenne, notamment grâce à une consommation, des investissements et des exportations plus robustes au troisième trimestre, malgré les barrières douanières imposées par l’administration américaine. Elle a estimé que la demande intérieure serait le principal moteur de la croissance dans les années à venir.
« L’économie a fait preuve de résilience »
Christine Lagarde, présidente de la BCE
L’inflation annuelle dans la zone euro s’est maintenue à 2,1 % en novembre, restant ainsi proche de l’objectif à moyen terme de 2 % fixé par la BCE depuis neuf mois consécutifs. Pour 2026, la BCE prévoit désormais une inflation annuelle de 1,9 %, contre 1,7 % précédemment. Cette révision à la hausse est principalement due à un ralentissement plus lent que prévu de la hausse des prix des services.
Cependant, Christine Lagarde a également averti que les perspectives d’inflation restaient « plus incertaines que d’habitude », en raison de la volatilité de l’environnement international. Elle a notamment souligné que la BCE avait été « surprise » par la forte augmentation des prix des services, qui a dépassé l’objectif global de 2 % pendant les quatre dernières années et s’est même accélérée après l’été. Cette hausse serait en partie due à des augmentations salariales inattendues.
Selon Carsten Brzeski, responsable mondial de la recherche macroéconomique chez ING, cette situation ne devrait pas inciter la BCE à modifier sa politique monétaire dans un avenir proche, ni dans un sens, ni dans l’autre.
Les précédentes réductions de taux de la BCE, qui ont débuté en juin 2024, ont permis de ramener les coûts d’emprunt à leur plus bas niveau depuis décembre 2022. L’euro est resté stable face au dollar en fin de journée, à 1,174 $. Sur la base des nouvelles prévisions d’inflation, Karsten Junius, économiste en chef chez J Safra Sarasin, estime que la BCE considère sa position actuelle comme appropriée et n’envisage pas de nouvelles réductions de taux dans l’immédiat.
