Publié le 31 octobre 2025 20h14. Bluesky, le réseau social décentralisé en pleine croissance, va bientôt introduire une fonctionnalité de « je n’aime pas » pour affiner la personnalisation de son fil d’actualités et améliorer la qualité des échanges sur sa plateforme, après une période de tensions liées à la modération.
- Bluesky va tester une fonctionnalité de « je n’aime pas » pour personnaliser le fil d’actualités et le classement des réponses.
- La plateforme améliore sa détection des commentaires toxiques et propose de nouveaux outils pour contrôler l’expérience utilisateur.
- Bluesky cherche à cartographier les « quartiers sociaux » pour favoriser des conversations plus pertinentes et familières.
Avec plus de 40 millions d’utilisateurs, selon une annonce récente sur son propre réseau, Bluesky mise sur ces nouvelles fonctionnalités pour consolider sa position et répondre aux critiques concernant la modération et la qualité des interactions.
Le déploiement de la version bêta des « je n’aime pas » permettra à Bluesky de prendre en compte ce nouveau signal pour adapter le contenu affiché à chaque utilisateur. Plus un utilisateur marquera de publications comme « je n’aime pas », plus le système apprendra à lui proposer moins de contenu similaire, influençant ainsi le classement des publications et des réponses.
Ces changements s’inscrivent dans une série de mises à jour visant à rendre Bluesky plus agréable, authentique et respectueux, comme l’a détaillé la société dans un article de blog. Ils interviennent après un mois de débats houleux sur la plateforme, certains utilisateurs reprochant à Bluesky ses choix en matière de modération.
Bien que conçu comme un réseau décentralisé où la modération est principalement gérée par les utilisateurs, certains souhaitent que la plateforme elle-même prenne des mesures plus fermes contre les comportements problématiques et les personnalités controversées, comme l’a rapporté TechCrunch dans le cas de Jesse Singal.
Bluesky privilégie cependant le renforcement des outils mis à la disposition des utilisateurs pour contrôler leur propre expérience. Parmi ces outils figurent des listes de modération permettant de bloquer rapidement des groupes de personnes, des filtres de contenu, des mots muets et la possibilité de s’abonner à des services de modération tiers. La plateforme permet également de détacher les citations, une fonctionnalité qui vise à limiter le phénomène de « dunking » – une culture de dénigrement en ligne popularisée sur X (anciennement Twitter), comme l’expliquait Slate en 2017.
En parallèle, Bluesky travaille sur un système de cartographie des « quartiers sociaux », c’est-à-dire des liens entre les utilisateurs qui interagissent fréquemment. L’objectif est de donner la priorité aux réponses des personnes les plus proches de l’utilisateur dans son « quartier », rendant ainsi les conversations plus pertinentes et familières. Les « je n’aime pas » pourraient également influencer ce classement.
Cette approche vise à se démarquer de concurrents comme Threads, de Meta, qui a parfois été critiqué pour son fil d’actualités désorganisé, où les utilisateurs se retrouvent confrontés à des conversations auxquelles ils ne sont pas connectés, comme l’a souligné Max Read dans son bulletin d’information l’année dernière :
« Il est souvent impossible de savoir qui répond à qui, où et pourquoi vous voyez certains messages. Ils apparaissent de nulle part et ne mènent nulle part. »
Bluesky a également amélioré son modèle de détection des réponses « toxiques, spammées, hors sujet ou publiées de mauvaise foi », qui seront désormais mieux classées dans les fils de discussion, les résultats de recherche et les notifications. De plus, un changement dans le bouton « Répondre » redirigera désormais les utilisateurs vers le fil de discussion complet avant de leur proposer de rédiger une réponse, encourageant ainsi une meilleure compréhension du contexte et réduisant les réponses redondantes – une critique souvent adressée à Twitter/X.
Enfin, la plateforme simplifie l’accès aux paramètres de réponse pour permettre aux utilisateurs de mieux contrôler qui peut répondre à leurs messages.
