La NASA lance ce lundi 30 juin 2026 une mission de sauvetage historique pour sauver le télescope Swift, en danger de retomber sur Terre à cause d’une baisse d’altitude accélérée par une activité solaire intense. Une entreprise américaine, Katalyst Space Technologies, a conçu un robot autonome, baptisé LINK, qui doit intercepter le télescope en orbite basse et le propulser à une altitude plus stable. Le décollage est prévu dès mardi depuis un atoll des îles Marshall, avec un budget de 30 millions de dollars. Si la mission réussit, Swift pourrait reprendre ses observations scientifiques dès septembre.
Pourquoi le télescope Swift est-il en danger ?
Le télescope Neil Gehrels Swift, lancé en novembre 2004, a révolutionné l’étude des sursauts gamma et des phénomènes cosmiques violents. Mais depuis plusieurs mois, son altitude a chuté de 360 à 224 kilomètres en raison d’une augmentation de l’activité solaire, qui exerce une traînée atmosphérique plus forte sur les satellites en orbite basse. Selon les dernières estimations, Swift pourrait atteindre le point de non-retour — une altitude de 185 kilomètres — dès octobre, ce qui entraînerait sa désintégration dans l’atmosphère terrestre. Pour éviter cela, la NASA a décidé d’agir en urgence.

D’après The Manila Times, la NASA a confié cette mission à Katalyst Space Technologies, une startup spécialisée dans les technologies de service en orbite. Le robot LINK, conçu par cette entreprise, sera lancé à bord d’une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman depuis Kwajalein Atoll dans le Pacifique. Une fois en orbite, il devra localiser Swift, s’y amarrer et utiliser ses propulseurs pour le hisser à une altitude de 600 kilomètres, soit près de son orbite initiale.
« Swift n’a pas été conçu pour être servi en orbite », souligne Ghonhee Lee, PDG de Katalyst Space. « En prouvant que nous pouvons rapidement et à moindre coût prolonger sa durée de vie, nous établissons un modèle pour le service des satellites qui n’ont pas été conçus pour la maintenance en orbite. » Cette mission est une première pour les États-Unis, même si la Chine avait déjà réussi en 2022 à rehausser l’orbite d’un satellite défectueux.
Comment se déroulera la mission de sauvetage ?
Le robot LINK, d’un poids d’environ 880 livres et mesurant cinq pieds de haut, est équipé de trois bras robotisés dotés de pinces fines, semblables à celles des figurines Lego. Ces bras, d’une portée d’un peu plus d’un mètre, permettront de saisir Swift avec une précision extrême. Une fois le télescope capturé, LINK utilisera ses propulseurs ioniques pour le propulser progressivement vers une orbite plus haute, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois.

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Selon NASA Science, l’équipe opérationnelle du télescope a déjà pris des mesures pour ralentir sa descente. Depuis février, les instruments scientifiques de Swift ont été éteints et le télescope a été réorienté pour minimiser la traînée atmosphérique. Ces ajustements ont permis de gagner du temps, mais la mission de sauvetage reste un défi technologique sans précédent.
Quels sont les enjeux scientifiques et économiques ?
Swift est un outil scientifique inestimable pour la NASA. Depuis son lancement en 2004, il a permis de détecter et d’étudier des milliers de sursauts gamma, ces explosions cosmiques parmi les plus puissantes de l’univers. « Swift est le multitool de la NASA pour étudier le cosmos », explique S. Bradley Cenko, principal investigateur du projet. « Il observe le ciel avec une large gamme de lumière et réagit rapidement aux sursauts, alertant d’autres observatoires dans le monde pour des observations de suivi. »
Si Swift devait tomber sur Terre, la NASA perdrait un observatoire irremplaçable à court terme. Nicky Fox, cheffe des missions scientifiques de la NASA, a souligné l’urgence de la situation : « Si nous laissons Swift réentrer dans l’atmosphère, nous perdrons ce télescope. Nous perdrons beaucoup de capacités, et nous n’avons pas actuellement le budget pour en construire un autre pour le remplacer. »
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La réussite de cette mission pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de service en orbite, où les satellites pourraient être réparés, ravitaillés ou repositionnés sans avoir à être remplacés. Katalyst Space prévoit déjà de développer des technologies encore plus avancées, capables d’intervenir sur des satellites situés à des altitudes bien plus élevées, jusqu’à 22 300 miles.
Et après Swift ? Le cas du télescope Hubble
La mission de sauvetage de Swift n’est pas un cas isolé. Le télescope Hubble, également en orbite basse, subit les mêmes effets de traînée atmosphérique et pourrait nécessiter une intervention similaire dans les années à venir. Selon eciks.org, la NASA envisage une mission de sauvetage pour Hubble dès 2028, si les conditions le permettent. Cette perspective souligne l’importance de développer des capacités de service en orbite pour préserver les actifs scientifiques de l’agence spatiale.

« Personne ne pensait que cela serait possible. Personne ne pensait que nous en serions arrivés là aujourd’hui », a déclaré Shawn Domagal-Goldman, directeur des sciences astrophysiques de la NASA, dans une interview à l’Associated Press. Cette mission est une démonstration de l’ingéniosité humaine et de la capacité à innover même face à des défis apparemment insurmontables.
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Quelles sont les implications pour l’avenir de l’exploration spatiale ?
La mission de sauvetage de Swift marque un tournant dans l’histoire de l’exploration spatiale. En prouvant qu’il est possible de prolonger la durée de vie des satellites non conçus pour être servicés, la NASA et Katalyst Space ouvrent la porte à une nouvelle industrie spatiale. Cela pourrait réduire les coûts et les délais de remplacement des satellites, tout en permettant de maintenir en activité des instruments scientifiques précieux.
Cette initiative est également un test pour les technologies de service en orbite, qui pourraient un jour permettre de construire des infrastructures spatiales plus durables, comme des fermes solaires orbitales ou des centres de données en apesanteur. « Nous prouvons ici qu’il existe une nouvelle option dans notre arsenal spatial », a déclaré Ghonhee Lee. « Cela pourrait révolutionner la façon dont nous gérons nos actifs en orbite. »
Pour suivre l’évolution de la mission, les observateurs pourront consulter les mises à jour officielles de la NASA et de Katalyst Space. La réussite de cette opération dépendra de la précision des manœuvres de LINK et de sa capacité à saisir Swift sans endommager le télescope. Si tout se passe comme prévu, Swift pourrait reprendre ses observations scientifiques dès septembre 2026, prolongeant ainsi sa contribution inestimable à la compréhension de l’univers.
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