L’administration Trump a dévoilé un nouveau programme de visas, surnommé « carte d’or », qui offre une voie accélérée vers la résidence permanente et potentiellement la citoyenneté américaine aux investisseurs étrangers fortunés. Ce dispositif, présenté comme un moyen d’attirer les talents et de générer des revenus pour le pays, suscite déjà des réactions contrastées.
Selon les détails révélés mercredi lors d’une présentation à la Maison Blanche, les candidats devront débourser 1 million de dollars (environ 920 000 euros) pour un visa personnel, ou 2 millions de dollars (environ 1 840 000 euros) par employé étranger pour les entreprises. Le président Trump a insisté sur le fait que tous les fonds collectés iront directement au Trésor américain, permettant ainsi de financer des projets nationaux.
« Fondamentalement, c’est une carte verte, mais en bien meilleur. Beaucoup plus puissant, une voie beaucoup plus solide », a déclaré Trump, soulignant que ce programme offrait des avantages supérieurs à ceux d’un visa traditionnel.
Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a précisé que le processus de sélection serait rigoureux, avec des frais d’examen de 15 000 dollars (environ 13 800 euros) et une vérification approfondie des antécédents. Il a également mis en avant le fait que les détenteurs actuels de cartes vertes gagnent en moyenne moins que les Américains, ce que le programme « carte d’or » vise à corriger en attirant des profils hautement qualifiés.
Ce nouveau visa s’inscrit dans une tendance mondiale, de nombreux pays – dont le Royaume-Uni, l’Espagne, la Grèce, l’Australie et le Canada – proposant des « visas d’or » aux investisseurs étrangers. Trump a notamment cité les étudiants exceptionnels issus des universités américaines, originaires de Chine, d’Inde et de France, comme des bénéficiaires potentiels de ce programme.
L’annonce intervient alors que le Royaume-Uni fait face à un exode de ses citoyens les plus riches, avec environ 16 500 millionnaires et milliardaires ayant quitté le pays depuis l’annonce du dernier budget, selon les chiffres de l’Office for National Statistics (ONS). Cette fuite de capitaux et de compétences soulève des inquiétudes quant à l’impact économique à long terme sur le pays.
Si le programme « carte d’or » pourrait faciliter l’immigration de personnes qualifiées, il contraste avec les politiques d’immigration plus restrictives menées par l’administration Trump jusqu’à présent, notamment les campagnes d’expulsion et les mesures de répression à l’encontre de certaines villes.
Le président n’a pas précisé les exigences en matière de création d’emplois ou les plafonds du programme, des éléments qui existent actuellement dans le cadre du visa EB-5 que ce nouveau dispositif est censé remplacer. Il s’est plutôt concentré sur les difficultés rencontrées par les entreprises américaines pour recruter des talents étrangers en raison des contraintes liées à leur statut juridique.
« Vous ne pouvez pas embaucher des gens issus des meilleures universités parce que vous ne savez pas si vous pouvez ou non les garder », a-t-il expliqué.
