L’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) vient de resserrer la vis sur xAI, la société d’intelligence artificielle d’Elon Musk, en interdisant une faille réglementaire exploitée pour installer rapidement un centre de données à Memphis, Tennessee. Cette décision pourrait freiner l’expansion de l’entreprise dans la région, alors qu’elle est confrontée à des accusations de pollution atmosphérique et de diffusion de contenus préjudiciables.
Le centre de données de Memphis, inauguré en 2024, utilise un système de turbines à gaz hors réseau pour alimenter ses opérations, notamment le développement de ses modèles d’IA Grok, un chatbot et un générateur d’images intégrés au réseau social X. xAI avait initialement obtenu l’autorisation du département de la santé du comté de Shelby de classer ces turbines comme des « moteurs non routiers », évitant ainsi les réglementations plus strictes en matière de pollution de l’air et les études d’impact environnemental obligatoires.
La nouvelle règle de l’EPA précise que ces turbines ne peuvent plus être considérées comme des moteurs non routiers et que les entreprises doivent obtenir des permis du Clean Air Act avant leur installation, en particulier si leurs émissions dépassent les seuils réglementaires. Cette clarification intervient après que Solaris Energy Infrastructure, le fournisseur de xAI, ait confirmé en juin à CNBC qu’il n’avait pas installé de systèmes de contrôle de la pollution, malgré les déclarations initiales de xAI aux autorités locales.
La pollution générée par ces turbines est au cœur des préoccupations locales. Des habitants de Boxtown, un quartier majoritairement afro-américain au sud de Memphis, ont témoigné publiquement l’année dernière de l’odeur d’œuf pourri et des effets néfastes du smog sur leur santé respiratoire et cardiovasculaire. Une étude de l’Université du Tennessee à Knoxville a également confirmé que l’utilisation des turbines de xAI contribuait à la dégradation de la qualité de l’air dans la région.
Des organisations de défense de l’environnement, dont la NAACP, avaient menacé d’intenter des poursuites pour contester l’utilisation non autorisée des turbines. Amanda Garcia, avocate au Southern Environment Law Center représentant la NAACP, a déclaré par e-mail que son cabinet surveillera attentivement les opérations de xAI : « Nous veillerons à ce que l’entreprise respecte les termes de ses permis et les réglementations actuelles de l’EPA, notamment dans ses futures installations dans l’État voisin du Mississippi. »
Par ailleurs, xAI, qui a récemment levé 20 milliards de dollars auprès d’investisseurs tels que Nvidia et Cisco, fait l’objet d’enquêtes dans plusieurs juridictions. L’entreprise est accusée d’avoir permis la création et la diffusion de fausses images violentes et sexualisées, impliquant des femmes et même des enfants, via ses applications Grok et X.
L’action du fournisseur de services énergétiques SEI, basé à Houston, a connu une forte hausse ces derniers mois, en partie grâce aux projets d’expansion de xAI. Ni SEI, ni les représentants de xAI et du département de la santé du comté de Shelby n’ont répondu aux demandes de commentaires.
