Publié le 26 avril 2024 18:32:00. Nvidia renforce sa position sur le marché de l’intelligence artificielle en acquérant des actifs et des talents de Groq, une start-up spécialisée dans les puces d’accélération, pour 20 milliards de dollars, une opération qui pourrait lui donner un avantage concurrentiel face à Google.
- Nvidia a conclu un accord de licence non exclusif de 20 milliards de dollars avec Groq, incluant l’acquisition de son équipe d’ingénierie et de sa technologie d’inférence.
- Cette acquisition vise à renforcer la position de Nvidia dans le domaine de l’inférence en IA, notamment face aux unités de traitement tensoriel (TPU) de Google.
- Les analystes estiment que le coût de l’opération, bien que conséquent, représente une part limitée des réserves de trésorerie de Nvidia.
Le géant des cartes graphiques Nvidia a annoncé mercredi un investissement majeur pour consolider son avance dans le secteur en pleine expansion de l’intelligence artificielle. L’entreprise a conclu un accord de licence non exclusif d’une valeur de 20 milliards de dollars avec Groq, une start-up innovante spécialisée dans la conception de puces d’accélération pour l’IA. Cet accord marque la plus importante transaction de ce type dans les 32 ans d’histoire de Nvidia.
Au-delà de la licence technologique, Nvidia s’assure les services de Jonathan Ross, PDG de Groq, de Sunny Madra, son président, ainsi que d’une équipe d’ingénieurs clés. L’entreprise intégrera également la technologie d’inférence de Groq, réputée pour sa capacité à traiter rapidement et efficacement les modèles de langage volumineux et autres charges de travail liées à l’IA. L’inférence, étape cruciale de l’IA, consiste à utiliser un modèle entraîné pour effectuer des prédictions ou prendre des décisions.
Selon les analystes de Truist, cette acquisition stratégique permet à Nvidia de se positionner plus favorablement face à la concurrence, en particulier face à Google, qui développe ses propres unités de traitement tensoriel (TPU) pour l’entraînement à grande échelle de modèles d’IA. Truist estime que l’architecture des puces LPU de Groq est similaire à celle des TPU de Google, mais optimisée pour une latence plus faible et une meilleure efficacité énergétique lors de l’inférence.
« Nous considérons cela comme une démarche de NVDA visant à renforcer son positionnement concurrentiel dans le domaine de l’inférence, en particulier par rapport au TPU. »
William Stein, analyste de Truist
Les actions Nvidia ont déjà connu une forte progression cette année, avec une hausse de 39 %, et de près de 6 % au cours du dernier mois. Truist a fixé un objectif de cours de 275 dollars par action, ce qui représente un potentiel de hausse de 44,3 % par rapport au cours de clôture de vendredi.
Bien que Google ne commercialise pas directement ses puces, l’entreprise propose un accès à ses TPU via son service Google Cloud, ce qui lui permet de gagner des parts de marché auprès de Nvidia. Récemment, The Information a rapporté que Meta envisageait d’utiliser les TPU de Google pour ses centres de données à partir de 2027, ce qui avait entraîné une baisse de 4 % des actions Nvidia.
Face à cette menace croissante, Nvidia réagit en investissant massivement dans l’innovation. Paul Meeks, responsable de la recherche technologique chez Freedom Capital Markets, souligne que l’accord avec Groq est un pari judicieux pour protéger et renforcer l’avantage concurrentiel de Nvidia.
« Groq affirme que ses LPU peuvent exécuter des LLM (Large Language Models) pour l’inférence beaucoup plus rapidement que les GPU et avec une efficacité énergétique 10 fois supérieure… Tout le monde sait que nous entrons dans la phase d’inférence de l’IA, où la demande informatique explose. »
Paul Meeks, responsable de la recherche technologique chez Freedom Capital Markets
Malgré le coût élevé de l’opération, les analystes soulignent que les 20 milliards de dollars représentent seulement 30 % de la trésorerie brute de Nvidia et moins de la moitié de sa trésorerie nette, ce qui en fait un investissement gérable pour le géant de l’IA.
