Une clinique dentaire d’Alzira, dans la province de Valence, est au centre d’une enquête après le décès d’une fillette de six ans et la grave dégradation de l’état de santé d’une autre enfant de quatre ans, survenus à la suite de soins prodigués en quelques jours. Les autorités ont arrêté l’anesthésiste et la propriétaire de la clinique, tandis que les investigations se concentrent sur un possible lien entre les traitements et les complications observées.
La petite fille de six ans a été admise à l’hôpital en arrêt cardiorespiratoire le 20 novembre, peu après 16h52. Les équipes médicales ont lutté pendant plus de 90 minutes pour la réanimer, mais n’ont pu que constater son décès. Selon ses parents, la fillette avait commencé à se sentir mal pendant son rendez-vous chez le dentiste, où elle était venue pour des soins dentaires de routine, notamment l’extraction de dents de lait. Après quatre heures d’observation, le personnel médical l’avait renvoyée chez elle, son état semblant s’être stabilisé. Cependant, son état s’est rapidement détérioré, contraignant ses parents à l’emmener à l’hôpital.
Quelques heures plus tôt, le 20 novembre, la fillette de quatre ans avait également été hospitalisée, présentant de la fièvre, des vomissements et une somnolence après un traitement dentaire dans la même clinique. Elle a été admise en soins intensifs pédiatriques à l’hôpital clinique universitaire de Valence, où elle est restée hospitalisée jusqu’à récemment.
Un troisième cas, impliquant une autre fillette, a été signalé le mercredi 20 novembre. Cette dernière avait également présenté des complications après avoir été soignée dans la même clinique, le 19 novembre, et avait reçu une sédation par le même anesthésiste que les deux autres enfants.
Face à ces événements, l’anesthésiste, un homme de 43 ans de nationalité espagnole, a été arrêté le jeudi 21 novembre à Valence, pour homicide présumé, blessures, mise en danger de la santé publique et omission de porter secours. Il a ensuite été libéré sous contrôle judiciaire, le juge n’ayant estimé qu’il n’y avait pas de risque de destruction de preuves ou de fuite. La police soupçonne également l’anesthésiste d’avoir volé des médicaments dans un hôpital où il travaillait auparavant, qu’il utilisait ensuite dans ses cabinets privés.
La propriétaire de la clinique, une femme de 50 ans, a également été interpellée, accusée d’omission de porter secours et de mise en danger de la santé publique. Elle a été libérée après avoir été interrogée par la police, mais devra se présenter devant un tribunal si nécessaire.
Selon le rapport du chef du service des urgences de l’hôpital de la Ribera, les deux premières filles avaient été soignées à la clinique avant de présenter des complications. La fillette décédée était venue à 9h00 pour l’extraction de dents de lait. Pendant l’intervention, elle a commencé à montrer des signes d’alerte, tels que somnolence, difficultés respiratoires, faible réactivité et vomissements, et a été maintenue en observation pendant quatre heures.
La propriétaire de la clinique, Mireia Vila, a déclaré que la fillette avait quitté l’établissement dans un état « parfait » et que c’est plus tard qu’elle avait commencé à se sentir mal. Elle a précisé que la procédure avait consisté en une sédation intraveineuse « pour la détendre » pendant les soins dentaires. « Ce n’était pas une anesthésie générale », a-t-elle souligné, ajoutant que « l’anesthésiste ne sait pas ce qui a pu se passer ».
À ce stade, la piste d’un lot d’anesthésie défectueux est envisagée. Cependant, aucune source officielle n’a confirmé cette hypothèse. Il n’a pas non plus été précisé si les deux enfants avaient reçu le même type de sédation, ni s’ils avaient des antécédents médicaux particuliers.
Il est important de noter que la clinique n’était pas autorisée à pratiquer des techniques d’anesthésie, y compris la sédation intraveineuse. Elle disposait d’une autorisation d’exercer en tant que clinique dentaire, ce qui lui permettait d’administrer des anesthésiques locaux.
La clinique a fermé ses portes le vendredi 21 novembre, affichant un message indiquant une fermeture temporaire « pour cause de force majeure ». Les autorités sanitaires ont ouvert une enquête et ont saisi toute la documentation clinique afin de déterminer s’il existe un lien entre les traitements et les complications survenues chez les enfants. Une autopsie a été ordonnée sur le corps de la fillette décédée, et des analyses toxicologiques sont en cours pour déterminer les substances utilisées pendant la sédation et leurs concentrations.
L’enquête se poursuit dans toutes les directions, afin de déterminer les causes exactes de ces événements tragiques.
