Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, marquant une nouvelle offensive contre le multilatéralisme et les valeurs qu’il juge progressistes. Cette décision, révélée mercredi, inclut des institutions clés dans la lutte contre le changement climatique et la promotion de l’égalité des genres.
Le retrait le plus significatif concerne la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le traité fondateur des accords internationaux sur le climat, adopté en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro. C’est la première fois qu’un pays décide de quitter cette convention, qui structure notamment les Conférences des Parties (COP) annuelles.
Selon Jean Su, avocate du Centre de la diversité biologique, cette décision est contestable sur le plan juridique : «Nous estimons qu’il est illégal pour le président de sortir unilatéralement d’un traité qui requiert un vote des deux tiers du Sénat». Elle a également évoqué des «options légales» pour contester ce retrait.
L’administration Trump vise également d’autres domaines considérés comme essentiels pour l’avenir de l’humanité, notamment l’égalité entre les femmes et les hommes. Le décret prévoit notamment le retrait du Fonds des Nations unies pour la population, spécialisé dans la santé maternelle et infantile, et d’ONU-Femmes.
Cette initiative a suscité de vives réactions. John Kerry, ancien secrétaire d’État américain et envoyé spécial pour le climat, a dénoncé une «nouvelle blessure que les États-Unis s’infligent eux-mêmes sur la scène mondiale». Sue Biniaz, ancienne adjointe principale de l’envoyé spécial pour le climat, a estimé que les États-Unis pourraient, malgré tout, réintégrer la CCNUCC «de manière relativement fluide».
Le retrait du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), référence scientifique en matière de climat, est également prévu. Robert Vautard, co-président du groupe 1 du GIEC, souligne que si la participation des États-Unis en tant que pays avait déjà cessé, la perte de leurs diplomates est notable : «Ils étaient force de proposition pour faire converger les positions, leur absence est donc remarquée». Il précise toutefois que des scientifiques américains continueront de participer aux travaux du GIEC à titre individuel.
Outre ces mesures, l’administration Trump a également décidé de se retirer de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des organisations qu’elle avait déjà quittées lors de son premier mandat. Elle a également réduit considérablement l’aide américaine à l’étranger, affectant les budgets d’agences onusiennes telles que le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial.
Cette série de décisions s’inscrit dans la continuité de la politique de «l’Amérique d’abord» prônée par Donald Trump, qui a également critiqué l’ONU, la jugeant «très loin de réaliser son potentiel».
