Publié le 15 décembre 2025 à 10h00. Les assistants d’éducation (AED) et les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) appellent à une journée de grève et de mobilisation ce mardi 16 décembre pour dénoncer la précarité de leurs emplois et revendiquer de meilleures conditions de travail, notamment un statut pérenne.
- Une grève et un rassemblement sont prévus ce mardi 16 décembre à partir de 14h place Jacques Bainville à Paris.
- Les AED réclament un statut de fonctionnaire de catégorie B et la fin des contrats précaires.
- Les AESH, mobilisés en parallèle, demandent la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour garantir l’inclusion des élèves en situation de handicap.
La mort tragique d’une collègue au printemps dernier avait mis en lumière les conditions de travail difficiles des AED, mais selon les syndicats, les promesses de changement n’ont pas été tenues. De nombreux assistants d’éducation se retrouvent à nouveau confrontés à la précarité, avec des contrats non renouvelés à la fin de l’année scolaire.
Les AED assurent des missions essentielles au bon fonctionnement des établissements scolaires, mais sont souvent considérés comme du personnel précaire et insuffisamment reconnu par l’Éducation nationale. Le nouveau cadre de gestion des AED, publié récemment, ne propose que peu d’améliorations concrètes, selon les organisations syndicales.
Parmi les griefs des AED : le renouvellement des contrats à durée déterminée (CDD) reste à la discrétion des chefs d’établissement, l’accès au CDI (contrat à durée indéterminée) n’est pas automatique et les perspectives d’évolution de carrière sont limitées. De plus, les AED dénoncent des écarts de salaires entre les académies et un manque de reconnaissance de leur expérience.
Les revendications des AED sont claires : un statut de fonctionnaire de catégorie B, la généralisation de contrats CDD de trois ans, la transparence et un droit réel à l’accès au CDI après six ans d’ancienneté, et une gestion des personnels AED par les services académiques. Ils demandent également la création de postes d’AED et de CPE (conseillers principaux d’éducation), une réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires et une meilleure prise en compte des heures de nuit passées en internat.
En parallèle, les AESH, qui partagent les mêmes préoccupations de précarité, sont également appelés à la grève ce mardi 16 décembre. Depuis le printemps dernier, les syndicats FSU, SE-UNSA, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, CGT Éduc’action, SNALC et SUD éducation mènent une campagne pour la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, une pétition ayant recueilli plus de 83 000 signatures à ce jour. Ils dénoncent le manque d’attractivité du métier, lié à la précarité, et soulignent le rôle essentiel des AESH dans l’inclusion des élèves en situation de handicap.
Une demande d’audience a été adressée aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Agriculture. Les parlementaires ont également reçu un argumentaire sur la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH. L’intersyndicale appelle l’ensemble des AESH et des personnels de l’éducation à se mobiliser pendant la semaine du 15 au 19 décembre, et plus particulièrement le 16 décembre, jour du Comité Social d’Administration ministériel consacré au budget.
Les organisations syndicales espèrent ainsi peser sur les négociations budgétaires et obtenir des avancées concrètes pour les AED et les AESH. Elles appellent à un mouvement de grève massif pour faire entendre leurs revendications et obtenir un avenir plus stable et plus juste pour ces personnels essentiels du système éducatif.
