Le 1er juillet 2026, l’Observatoire européen avertit que des dizaines de milliers de satellites planifiés pourraient rendre les télescopes terrestres inutilisables. Olivier Hainaut, directeur des opérations à l’ESO, affirme que si plus de 100 000 satellites, visibles à l’œil nu, sont lancés, l’astronomie moderne ne pourra plus fonctionner. « Nous pouvons arriver à des conditions où il n’y a plus aucun intérêt à faire fonctionner les télescopes, car toutes les données seront corrompues. Toutes. 100 pour cent », déclare Hainaut, cité par le premier article.
Les satellites de SpaceX et les miroirs de Reflect Orbital
Le projet de SpaceX prévoit de lancer un million de satellites pour des centres de données en orbite, selon l’article de Common Dreams. Ces satellites, très lumineux, pourraient rendre le ciel nocturne illisible. « Si vous augmentez la pollution lumineuse, vous verrez moins d’étoiles naturelles et plus de ces satellites », explique Hainaut. « Pour les télescopes, cela signifie augmenter les temps d’exposition. Si vous avez une augmentation de 10 pour cent de la pollution lumineuse, vous devez augmenter tous les temps d’exposition de 10 pour cent. »

Le projet de Reflect Orbital, une startup américaine, prévoit d’envoyer 50 000 miroirs géants en orbite pour refléter la lumière du soleil sur Terre. « Ces satellites seraient les plus lumineux jamais en orbite, avec des conséquences dévastatrices pour les ciels sombres », affirme l’ESO. « Vu dans un faisceau réfléchi, le satellite livrant la lumière apparaît quatre fois plus brillant qu’une pleine lune. Même si aucun satellite ne pointe directement vers un observateur, chaque satellite serait aussi brillant que Vénus, l’étoile du matin. »
Les réactions des institutions et les implications pour l’astronomie
L’International Astronomical Union (IAU) souligne que l’augmentation de la pollution lumineuse de plus de 10 pour cent par rapport aux conditions naturelles du ciel sombre est « une catastrophe pour l’astronomie ». Les télescopes situés dans le désert d’Atacama au Chili, comme le Very Large Telescope (VLT), sont particulièrement menacés. « Même si vous visitez un petit village en Afrique, campant dans le bush australien ou en expédition en Antarctique ou en forêt amazonienne, votre ciel serait illuminé par les satellites », prévient Hainaut, selon l’article de Space.

Le Federal Communications Commission (FCC) reçoit des commentaires de plus de 1 800 personnes concernant les projets de Reflect Orbital et près de 1 500 pour ceux de SpaceX. « Pour l’astronomie optique, c’est une menace existentielle », déclare Betty Kioko, responsable des affaires institutionnelles à l’ESO, citée par Common Dreams. « Nous espérons que les régulateurs partageront cette vision. »
Les conséquences écologiques et économiques
Les satellites lumineux pourraient non seulement perturber l’astronomie, mais aussi affecter les écosystèmes et les horloges biologiques humaines. « La pollution lumineuse extrême pourrait perturber les cycles biologiques et les écosystèmes sur toute la planète », explique Hainaut. « Les lancements fréquents de satellites génèrent également une pollution atmosphérique lors de leur rentrée dans l’atmosphère en fin de vie. »
Le projet de SpaceX, déjà en cours avec plus de 14 000 satellites en orbite depuis 2019, est critiqué pour sa contribution à la surpopulation spatiale. « Les satellites illuminés par le soleil sont bien plus lumineux que les galaxies lointaines. Lorsqu’un satellite traverse ce que nous observons, il crée une traînée lumineuse qui détruit ce qui se trouve derrière », ajoute Hainaut, selon l’article de l’ESO.
Quel avenir pour l’astronomie ?
La question reste ouverte : comment limiter l’impact des satellites tout en permettant les progrès technologiques ? L’ESO propose un plafond de 100 000 satellites, tous invisibles à l’œil nu, pour préserver l’observation du ciel. « Ce plafond est une limite critique », affirme Hainaut.
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