Publié le 9 janvier 2026 17h27. La liste des 32 officiels cubains ayant assuré la protection du régime de Nicolás Maduro et tués lors d’une opération américaine révèle le rôle clé du colonel Hugo Alfonso Roca Sánchez, figure de proue de ce dispositif de sécurité, et met en lumière l’implication de Cuba au plus haut niveau du pouvoir vénézuélien.
- Le colonel Hugo Alfonso Roca Sánchez, expert en sécurité personnelle, figure en tête de liste des officiers cubains décédés lors d’une opération américaine.
- Il a été responsable de la sécurité du pape François lors de sa visite à La Havane en 2015 et a également travaillé pendant 20 ans pour la sécurité de Fidel Castro.
- La mort de ces officiers cubains, surnommés les « guêpes noires », contredit les démentis passés du régime cubain concernant sa présence militaire au Venezuela.
La révélation d’une liste de 32 officiers cubains tués lors d’une opération menée par les États-Unis, dans le but de capturer des membres du cercle rapproché de Nicolás Maduro, a mis en évidence le rôle crucial joué par Cuba dans le maintien au pouvoir du dictateur vénézuélien. Parmi les noms dévoilés depuis La Havane, celui du colonel Hugo Alfonso Roca Sánchez, officier de haut rang du ministère cubain de l’Intérieur, attire particulièrement l’attention.
Selon les informations disponibles, le colonel Roca Sánchez était un expert en sécurité personnelle et occupait une position de premier plan dans le dispositif de protection de Maduro. Il a été neutralisé par les unités spéciales de la Delta Force américaine lors de l’opération du 3 janvier. Son implication dans la sécurité de personnalités de premier plan est également documentée : en septembre 2015, il était chargé de la sécurité du pape François lors de sa visite à La Havane, et on le voit sur des photographies escortant le Souverain Pontife dans la « Papemobile ».
L’expérience du colonel Roca Sánchez ne s’arrête pas là. Il a passé deux décennies à assurer la sécurité de l’ancien dictateur cubain, Fidel Castro, ce qui témoigne de son expertise et de la confiance que lui accordait le régime de La Havane.
Des images d’archives montrent également le colonel Roca Sánchez en train de superviser la sécurité du secrétaire d’État américain John Kerry, lors de sa visite à Cuba en août 2015, sous l’administration de Barack Obama. Il a également assuré la sécurité du président indien, Shri Ram Nath Kovind, lors de sa visite officielle à Cuba, ainsi que celle du président irlandais Michael D. Higgins en février 2017, selon une analyse photographique effectuée par le média cubain El Toque.
Ces révélations interviennent alors que le régime cubain a toujours nié la présence de militaires de son pays au Venezuela. La mort de ces 32 officiers, surnommés les « guêpes noires », contredit formellement ces démentis. Des sources proches du dossier affirment que ces officiers faisaient partie d’une force d’élite envoyée de Cuba pour garantir la sécurité de Maduro.
Pour les enquêteurs fédéraux, la présence de ces agents cubains dans l’entourage immédiat de Maduro répondait à un double objectif : assurer la protection du dictateur et l’empêcher de coopérer avec les États-Unis. Ils soulignent également que cette collaboration s’inscrivait dans un échange de services : la sécurité et le renseignement fournis par Cuba en contrepartie du pétrole vénézuélien, vital pour l’économie de l’île.
Selon une source bien informée citée par le journal El Tiempo, les agents cubains occupaient des postes stratégiques dans de nombreux ministères et organisations clés du Venezuela, notamment le ministère des Affaires étrangères, le SEBIN (Service Bolivarien de Renseignement National), la compagnie pétrolière PDVSA, la Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM), le Commandement opérationnel stratégique des forces armées, le Service administratif d’identification, de migration et d’immigration, ainsi que les ports et aéroports.
La liste des officiers tués lors de l’opération « Absolute Resolution », qui a également conduit à la capture de Cilia Flores, épouse de Maduro, comprend le colonel Lázaro Evangelio Rodríguez Rodríguez, un lieutenant-colonel, quatre majors, trois capitaines, sept premiers lieutenants, trois lieutenants et un premier sous-officier. Les services de renseignement estiment que d’autres soldats cubains pourraient encore être chargés de la protection de personnalités clés du régime au sein du gouvernement de transition.
UNITÉ D’ENQUÊTE
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