Publié le 2024-02-29 14:35:00. L’œuvre majeure de Goethe, Faust, est réimaginée sous forme de roman graphique par l’artiste Nele Heaslip, un projet ambitieux qui approche de son terme après cinq ans de travail. Cette adaptation explore les thèmes universels de la quête de connaissance, du désespoir et de la tentation.
Nele Heaslip, les mains souvent maculées d’encre, témoigne de sa passion avec un sourire :
« Parfois, l’encre éclabousse et je suis complètement noire. »
Nele Heaslip, artiste
Ces taches d’encre, semblables à de petites pièces de monnaie sur sa main droite, sont le signe visible d’un travail acharné. L’artiste consacre ses journées à donner vie aux personnages de Faust, première partie de la tragédie de Goethe, dans un format plus accessible : un roman graphique complexe, proche de la bande dessinée.
Depuis cinq ans, Nele Heaslip s’est plongée dans l’univers de Goethe, reproduisant ses traits d’encre noire sur le papier blanc de sa table de cuisine. Ses personnages, tantôt désespérés, tantôt espiègles, tantôt amers, prennent forme, accompagnés du texte original de 1808, intégré dans des bulles de dialogue. L’artiste se dit proche du but :
« C’est vraiment génial. La seule chose à laquelle je pense encore, c’est : Mec, les cinq dernières pages ne sont pas encore là. Je dois les dessiner ! »
Nele Heaslip, artiste
L’attrait de Faust pour Nele Heaslip remonte à son adolescence, à l’âge de 14 ans. Elle se reconnaît particulièrement dans le personnage du Dr Heinrich Faust, un professeur frustré par sa quête incessante de savoir :
« Cette rotation sans fin en rond, réfléchissant encore et encore à la même chose, mais sans trouver la réponse – sur sa roue de hamster intellectuelle – je peux très bien le comprendre. »
Nele Heaslip, artiste
Mais c’est le personnage de Méphisto, l’incarnation du mal, qui fascine tout autant l’artiste. Goethe le décrit comme « Une partie de cette puissance qui veut toujours le mal et crée toujours le bien ». Méphisto promet à Faust le bonheur, même éphémère, en échange de son âme. Nele Heaslip est frappée par la banalité du mal :
« Je trouve l’idée qu’on puisse rencontrer Méphisto en se promenant dans un café et avoir une conversation complète avec lui – sans se rendre compte qu’il est le diable. »
Nele Heaslip, artiste
L’œuvre de Nele Heaslip propose ainsi une nouvelle lecture de Faust, rendant accessible un classique de la littérature allemande à un public plus large grâce au langage visuel de la bande dessinée.

