Home Des sportsAujourd’hui, c’est l’argent qui parle » : le sélectionneur du Ghana s’en prend au nouveau format de la Coupe du monde

Aujourd’hui, c’est l’argent qui parle » : le sélectionneur du Ghana s’en prend au nouveau format de la Coupe du monde

by Camille Renault
Le projet de 64 équipes pour le centenaire 2030

La Coupe du monde 2026 a débuté il y a dix jours, alors que le projet d’élargir le tournoi 2030 à 64 équipes divise déjà la Fifa. Soutenu par la Conmebol, ce plan se heurte à l’opposition ferme de l’UEFA et aux critiques de techniciens comme Carlos Queiroz sur la perte de valeur de la compétition.

Le projet de 64 équipes pour le centenaire 2030

Le projet de 64 équipes pour le centenaire 2030
L’idée d’une expansion massive pour le Mondial 2030 circule depuis plusieurs mois dans les couloirs de la Fifa. Porté par Alejandro Domínguez, le président de la Conmebol, ce projet vise à augmenter le nombre de participants à 64 équipes afin d’offrir davantage de visibilité et de matchs aux fédérations sud-américaines. L’édition 2030 revêt une importance symbolique majeure. Si le tournoi se déroulera principalement en Espagne, au Maroc et au Portugal, trois rencontres seront organisées en Argentine, en Uruguay et au Paraguay pour célébrer le centenaire de la première compétition, lancée le 13 juillet 1930 en Uruguay. Cependant, selon RMC Sport, cette ambition semble aujourd’hui compromise. Le silence de Gianni Infantino face aux demandes de la Conmebol est interprété en interne comme un manque d’enthousiasme. Bien que des réunions aient eu lieu, aucun accord tranché n’a été trouvé. L’analyse des rapports de force suggère que la demande de Domínguez pourrait être une stratégie de négociation. L’objectif réel serait d’obtenir plus de matchs pour l’Amérique du Sud, même si le format global restait fixé à 48 équipes. Une perspective qui refroidit les organisateurs du trio Espagne-Portugal-Maroc, déjà engagés dans la phase finale de préparation.

Le bras de fer entre Gianni Infantino et l’UEFA

Le bras de fer entre Gianni Infantino et l'UEFA
L’expansion vers 64 équipes ne pourra voir le jour sans l’aval de l’UEFA. Or, l’instance européenne s’oppose fermement à toute nouvelle augmentation du nombre de participants. Ce blocage s’inscrit dans un climat de tension palpable entre Gianni Infantino et Aleksander Ceferin, le président de l’UEFA. L’argument technique de l’UEFA est clair : un nouvel élargissement remettrait en cause les calendriers de la Fifa déjà établis jusqu’en 2030, notamment en ce qui concerne le système de qualifications. L’enjeu est également politique. Gianni Infantino doit faire face à sa réélection en 2027 lors d’un congrès prévu au Maroc. Pour sécuriser son poste, le patron du football mondial ne peut se permettre de s’aliéner durablement le soutien des fédérations européennes.

L’impact du format 2026 sur l’attractivité du jeu

L'impact du format 2026 sur l'attractivité du jeu
Photo: Girondins4Ever
Alors que le tournoi 2026 bat son plein, le format actuel suscite déjà des critiques acerbes. Pour certains observateurs, le premier tour est devenu interminable. Si les audiences télévisuelles restent solides et que des nations modestes surprennent par leur niveau, le sentiment de saturation gagne les techniciens. Le sélectionneur du Ghana, Carlos Queiroz, a exprimé son désaccord sur l’inflation du nombre de participants. Selon L’Équipe, l’entraîneur estime qu’avec un tel volume d’équipes, la Coupe du monde perd beaucoup de valeur et de signification. Cette dilution de la compétition transforme le prestige du Mondial en un produit de consommation de masse, où la rareté, moteur historique de l’excitation mondiale, disparaît au profit d’un volume de matchs accru.

La stratégie du contenu court pour les jeunes spectateurs

La stratégie du contenu court pour les jeunes spectateurs
Photo: RMC Sport
Au-delà du nombre d’équipes, c’est la nature même de l’expérience spectateur qui est remise en question. Christophe Dugarry, consultant sur RMC, analyse les récentes décisions organisationnelles, comme l’instauration des pauses fraîcheur, comme une stratégie délibérée visant un public spécifique : les jeunes. L’ancien attaquant suggère que la Fifa ne cherche plus à proposer des matchs dans leur profondeur, mais des segments consommables. On nous sert des matches qui n’ont aucune valeur. […] Aujourd’hui, on peut servir le foot aux jeunes, on veut leur servir des bouts de match. On ne veut pas leur servir des matches, on veut leur donner que des résumés. S’ils voient des bouts de match, ça leur suffit, ce n’est pas grave. Christophe Dugarry, via Girondins4Ever Dugarry dénonce une dérive commerciale où le football devient un simple business, comparable à la consommation de contenus d’influenceurs ou de basket, privilégiant le rythme et le résumé sur la compréhension tactique et la progression des joueurs. Il pointe notamment l’incohérence entre la sanction des joueurs qui gagnent du temps pour ne pas casser le rythme et l’imposition de pauses fraîcheur. L’enjeu pour la Fifa est donc double : maintenir l’équilibre politique entre les confédérations pour 2030 tout en adaptant le produit footballistique à une génération dont les habitudes de consommation s’éloignent du format traditionnel de 90 minutes. Entre la volonté de croissance de la Conmebol et la résistance de l’UEFA, le football mondial semble naviguer entre prestige sportif et impératifs marketing.

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