Publié le 14 novembre 2025 à 21h31. De nouvelles révélations concernant les relations de Jeffrey Epstein avec des personnalités influentes du monde politique, académique et médiatique relancent le débat sur l’étendue de son réseau et les questions d’impunité. Des documents récemment publiés mettent en lumière des échanges qui se sont poursuivis bien après sa condamnation pour exploitation sexuelle.
- Les documents révèlent des contacts entre Epstein et des figures telles que Noam Chomsky, Ehud Barak, Peter Thiel, David Blaine et Michael Wolff.
- Ces interactions ont eu lieu des années après la condamnation d’Epstein en 2008 pour sollicitation de prostitution auprès d’un mineur.
- Un vote à la Chambre des représentants sur la publication de l’intégralité des dossiers liés à Epstein est prévu la semaine prochaine, suscitant des tensions bipartisanes.
La publication de plus de 20 000 pages de documents liés à la succession de Jeffrey Epstein a ravivé les interrogations sur l’influence persistante du financier condamné et son accès à un cercle de personnalités puissantes. Ces documents, rendus publics par un comité du Congrès, révèlent un réseau complexe de relations qui se sont maintenues malgré les accusations et la condamnation d’Epstein.
Parmi les personnalités mentionnées figurent l’intellectuel Noam Chomsky, l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, le capital-risqueur et activiste politique Peter Thiel, le magicien David Blaine et l’auteur Michael Wolff. Les échanges avec ces individus se sont poursuivis pendant des années après que Epstein ait été enregistré comme délinquant sexuel en 2008, suite à sa condamnation pour sollicitation de prostitution auprès d’un mineur.
Les messages ne prouvent en aucun cas l’implication de ces personnalités dans des actes criminels. Ils soulignent néanmoins la capacité d’un délinquant sexuel condamné à fréquenter des cercles d’élite et à maintenir des liens avec des figures influentes, soulevant des questions sur la responsabilité institutionnelle et les structures de pouvoir qui ont permis cela.
L’affaire Epstein est également devenue un enjeu politique majeur, avec une lutte pour la publication de l’intégralité des dossiers gouvernementaux restants. Un vote à la Chambre des représentants est prévu la semaine prochaine pour forcer le ministère de la Justice à divulguer tous les documents liés à l’affaire, une initiative soutenue par une coalition bipartite.
Des échanges documentés
Les documents révèlent des échanges variés avec les personnalités concernées. Dans le cas de David Blaine, les dossiers incluent des lettres de recommandation pour des demandes de visa et des propositions de dîners, comme en témoigne un bref échange par e-mail en octobre 2016 : Epstein proposait un « dîner au soleil boisé ? », auquel Blaine a répondu par un simple « Super ».
Ehud Barak, quant à lui, a discuté de politique au Moyen-Orient avec Epstein et a coordonné des réunions, échangeant des informations sur sa disponibilité en août 2015 et des documents intellectuels circulant dans le cercle social d’Epstein. Dans un courriel, Barak a écrit : « Nous serons de retour la dernière semaine d’août pendant plusieurs semaines (pour prononcer quelques discours). Serez-vous toujours au Nouveau-Mexique ? Si oui, nous pourrions venir quelques jours. »
Noam Chomsky et Jeffrey Epstein : une relation complexe
La correspondance entre le linguiste Noam Chomsky et Epstein, de 2015 à 2017, portait principalement sur la politique, la linguistique et les affaires mondiales. Lors d’un échange en décembre 2016, Chomsky a commenté les déclarations de l’administration Trump, notant que le fait que Trump évite la Maison Blanche « devrait pousser les services secrets dans le mur ».
« Nous prévoyons d’être de retour la dernière semaine d’août pendant plusieurs semaines (pour prononcer quelques discours). Serez-vous toujours au Nouveau-Mexique ? Si oui, nous pourrions venir quelques jours. »
Ehud Barak, ancien Premier ministre israélien
Interrogé par le Wall Street Journal en avril 2023, Chomsky avait déclaré : « La première réponse est que cela ne vous regarde pas, ni personne d’autre. La deuxième est que je le connaissais et que nous nous sommes rencontrés de temps en temps. » Il a également affirmé qu’Epstein avait « purgé sa peine » et qu’il était donc réintégré dans la société.
Autres personnalités impliquées
Les messages entre Epstein et Peter Thiel, co-fondateur de PayPal et donateur républicain, suggèrent un contact intermittent. En mai 2014, Epstein a écrit : « C’était amusant, à dans 3 semaines. » Epstein a également fait référence à des commentaires publics de Thiel, écrivant en novembre 2018 : « J’ai aimé vos exagérations de Trump, pas vos mensonges. »
En novembre 2016, Epstein a partagé un article de presse sur Deepak Chopra, l’auteur et figure de la médecine alternative, avec Chopra, demandant si Katie Johnson, qui avait accusé Donald Trump de viol, avait également abandonné ses poursuites contre Epstein. Epstein a répondu : « Oui », avant que Chopra ne réponde : « Bien. »
Enfin, les échanges avec Michael Wolff révèlent qu’Epstein se vantait de protéger une ancienne « petite amie sérieuse » de ses problèmes juridiques, affirmant qu’elle n’avait jamais été interrogée et que son nom n’avait jamais été divulgué. Il a également fait référence à des allégations concernant Bill Clinton et Stephen Hawking, affirmant que Clinton n’était jamais allé sur l’île et que Hawking n’avait pas eu de relations sexuelles avec lui.
Réactions et perspectives
La Maison Blanche a minimisé l’importance des courriels, affirmant qu’ils ne prouvaient rien et qu’ils étaient utilisés par les démocrates pour détourner l’attention de leurs propres problèmes. Le président Donald Trump a également dénoncé ce qu’il a qualifié de « canular » sur Truth Social.
Le représentant démocrate Ro Khanna, co-sponsor de la pétition de décharge visant à forcer la publication des dossiers, a déclaré au Los Angeles Times que l’affaire Epstein révélait une classe dirigeante d’élite qui s’était soustraite à la justice et avait dupé la classe ouvrière.
Si le projet de loi est adopté par la Chambre, les documents restants seront publiés dans les 30 jours suivant le vote. Certains républicains, dont les représentantes Lauren Boebert et Nancy Mace, auraient subi des pressions de la Maison Blanche pour retirer leur soutien à la mesure.
