Publié le 11 octobre 2024 à 01:04:00. Face à une montée des tensions avec le Venezuela, les États-Unis renforcent leur lutte contre le trafic de drogue dans l’hémisphère occidental en déployant une nouvelle force opérationnelle conjointe, suscitant des critiques de Caracas et de Bogota.
- Les États-Unis ont créé une nouvelle force opérationnelle interarmées pour intensifier la lutte contre le trafic de drogue en Amérique latine.
- Cette initiative intervient dans un contexte de tensions avec le Venezuela, qui dénonce une menace à sa souveraineté.
- Washington justifie son action par un « conflit armé » contre les cartels de la drogue et a mené plusieurs opérations navales controversées dans les Caraïbes.
Le Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM) a annoncé ce vendredi la mise en place d’une nouvelle force opérationnelle conjointe, placée sous le commandement de la II Marine Expeditionary Force. L’objectif affiché est de synchroniser et d’intensifier les efforts de lutte contre les stupéfiants dans l’ensemble de l’hémisphère occidental. Cette force intégrera les capacités expéditionnaires de la II Marine Expeditionary Force avec celles d’autres organismes américains, notamment la Force opérationnelle sur la sécurité nationale.
Selon l’amiral Alvin Holsey, commandant de SOUTHCOM, cette initiative est une réponse à la menace croissante que représentent les organisations criminelles transnationales pour la sécurité, la prospérité et la santé de la région.
« Les organisations criminelles transnationales menacent la sécurité, la prospérité et la santé de notre hémisphère. En formant une force opérationnelle interarmées autour du quartier général des II Michigan Defence Forces, nous renforçons notre capacité à détecter, démanteler et démanteler les réseaux de trafic illicite plus rapidement et plus complètement, aux côtés de nos homologues américains et des pays partenaires. »
Amiral Alvin Holsey, Commandant de SOUTHCOM
La nouvelle force opérationnelle se concentrera sur plusieurs axes : identifier les routes de trafic de drogue pour intercepter les cargaisons illégales avant qu’elles n’atteignent les États-Unis et les pays partenaires, grâce notamment à des avions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance ; améliorer le partage de renseignements en temps réel entre les forces armées américaines, les agences fédérales et les partenaires étrangers ; et renforcer les capacités des pays partenaires à mener leurs propres opérations de lutte contre le trafic de drogue, par le biais d’équipes de conseil et d’exercices conjoints.
SOUTHCOM souligne que cette initiative s’inscrit dans une approche multinationale et intergouvernementale visant à démanteler les réseaux criminels qui exploitent les frontières et les espaces maritimes partagés.
Cependant, le déploiement militaire américain dans les Caraïbes, présenté comme une opération de lutte contre le trafic de drogue, a suscité de vives critiques. Le Venezuela et la Colombie dénoncent une action menaçante pour la stabilité de l’Amérique latine. Récemment, les États-Unis ont affirmé avoir coulé plusieurs embarcations suspectées de trafic de drogue près des côtes vénézuéliennes.
Le président américain Donald Trump a déclaré que son pays était engagé dans un « conflit armé » contre les cartels de la drogue, ce qui, selon lui, justifie ses opérations dans les Caraïbes. Depuis septembre, au moins quatre navires présumés impliqués dans le trafic de drogue ont été interceptés par les forces américaines, dont plusieurs près du Venezuela et un autre près de la République dominicaine.
Le Venezuela a réagi avec fermeté, demandant aux États-Unis et au Conseil de sécurité des Nations Unies de ne pas répéter les « erreurs du passé » en lançant un « faux » conflit basé sur les accusations de narcoterrorisme formulées par l’administration Trump. Le pays promet de se défendre. L’ambassadeur vénézuélien auprès de l’ONU, Samuel Moncada, a dénoncé les actions américaines comme des « exécutions extrajudiciaires » et a anticipé une « nouvelle vague d’agressions » dans le cadre d’un conflit qu’il juge artificiel.
« Il y a un meurtrier qui erre dans les Caraïbes »
Samuel Moncada, Ambassadeur du Venezuela à l’ONU
