Publié le 23 décembre 2025 à 15h21. Le dollar américain a fortement baissé face au réal brésilien ce mardi, les investisseurs prenant en compte les dernières données sur l’inflation au Brésil et la croissance économique aux États-Unis, tandis que l’annulation d’une interview de l’ancien président Jair Bolsonaro ajoute une dimension politique à la situation.
- Le dollar au comptant a chuté de 0,74 %, atteignant 5,543 R$ en vente.
- L’Indice national des prix à la consommation-15 (IPCA-15), indicateur avancé de l’inflation brésilienne, a augmenté de 0,25 % en décembre.
- L’interview de Jair Bolsonaro a été annulée pour des raisons de santé, selon le journal Metropoles.
La devise américaine a connu une forte baisse face au réal, effaçant une partie des gains enregistrés la veille. Cette évolution s’explique par une combinaison de facteurs économiques et politiques. Les investisseurs analysent attentivement les données macroéconomiques des deux pays, notamment l’inflation au Brésil et la croissance du Produit intérieur brut (PIB) aux États-Unis.
À 12h16, le dollar au comptant s’échangeait à 5,543 R$ en vente, enregistrant une baisse de 0,74 %. Le contrat à terme sur le dollar pour janvier – le plus liquide actuellement sur la bourse brésilienne B3 – a quant à lui reculé de 0,95 %, à 5,545 R$. Le dollar commercial se négocie actuellement à 5,542 R$ à l’achat et 5,543 R$ à la vente.
L’Indice national des prix à la consommation-15 (IPCA-15), considéré comme un baromètre de l’inflation officielle, a affiché une hausse de 0,25 % en décembre, contre 0,20 % le mois précédent, selon l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE). Les économistes, interrogés par Reuters, avaient prévu une augmentation de 0,27 % pour cette période.
Sur le front politique, l’annulation de l’interview de l’ancien président Jair Bolsonaro a surpris. Le journal Metropoles a rapporté que M. Bolsonaro avait informé la rubrique politique, par le biais d’un message manuscrit, qu’il ne donnerait pas d’entretien pour des raisons de santé. Cette interview était très attendue, car elle aurait été la première depuis son arrestation dans le cadre d’une enquête sur une tentative de coup d’État.
Les marchés étaient particulièrement attentifs à cette interview, car les spéculations concernant la candidature du sénateur Flávio Bolsonaro (PL-RJ) à la présidence avaient mis la pression sur le réal ces dernières semaines. Des informations suggéraient que M. Bolsonaro serait moins compétitif que le gouverneur de São Paulo, Tarcísio de Freitas (Républicains), en cas de confrontation avec le président Luiz Inácio Lula da Silva.
Par ailleurs, le ministre de la Cour suprême fédérale (STF), Alexandre de Moraes, a publié une note précisant que ses rencontres avec le président de la Banque centrale du Brésil, Gabriel Galípolo, s’inscrivaient dans le contexte des conséquences de l’application de la loi Magnitski, et n’avaient aucun lien avec l’affaire Banco Master.
La dynamique positive observée sur les marchés est également liée à la performance des États-Unis, après que le PIB américain a progressé de 4,3 % au troisième trimestre 2025, dépassant les attentes des analystes. Ces données ont renforcé l’hypothèse d’un « atterrissage en douceur » pour l’économie américaine et atténué les craintes d’un ralentissement plus prononcé, influençant ainsi les anticipations concernant les taux d’intérêt de la Réserve fédérale.
Selon Fábio Lemos, associé chez Fatorial Investimentos, les chiffres américains plus favorables renforcent la perspective d’une baisse des taux d’intérêt de la Fed l’année prochaine, ce qui tend à favoriser les flux de capitaux vers les marchés émergents. Dans ce contexte, le Brésil bénéficie à la fois d’un différentiel de taux d’intérêt réel attractif et de son profil d’exportateur de matières premières, sans oublier que l’indice Ibovespa reste sous-évalué en dollars.
L’indice des prix des dépenses de consommation (PCE) a augmenté de 2,8 % sur un an au troisième trimestre aux États-Unis, une accélération par rapport à la hausse de 2,1 % enregistrée le trimestre précédent.
(Avec Reuters et Estadão)


