Le comté de Fulton, en Géorgie, a admis avoir certifié illégalement plus de 315 000 bulletins de vote lors de l’élection présidentielle de 2020, une révélation qui relance les accusations de fraude et pourrait avoir des conséquences juridiques importantes. Cette admission, faite devant un comité de l’État, intervient après des années de contestations et d’allégations de manipulation électorale.
À retenir
- Le comté de Fulton reconnaît n’avoir pas respecté les procédures de certification des votes, notamment l’absence de signatures sur les bandes de tabulation.
- Cette irrégularité pourrait potentiellement avoir modifié le résultat de l’élection en Géorgie, selon les estimations de Rudy Giuliani.
- Le ministère de la Justice américain a lancé une enquête et réclame des documents électoraux sensibles.
Contexte
L’affaire remonte à mars 2022, lorsque David Cross, un militant pour l’intégrité des élections, a déposé une contestation devant le Comité électoral de l’État de Géorgie (SEB). Il alléguait que le comté de Fulton avait violé la loi en comptant des centaines de milliers de votes par anticipation sans que les agents électoraux n’aient signé les « bandes » de tabulation, des documents essentiels au processus de certification. Lors d’une audience le 9 décembre 2025, Ann Brumbaugh, avocate du conseil d’enregistrement et des élections du comté de Fulton, a confirmé que le comté « ne conteste pas que les bandes n’ont pas été signées », reconnaissant ainsi une violation des règles en vigueur.
Une enquête menée par le bureau du secrétaire d’État de Géorgie a corroboré ces conclusions, révélant que 36 des 37 circonscriptions de vote par anticipation du comté de Fulton n’avaient pas signé les bandes de tabulation comme l’exige la loi. En outre, l’enquête a mis en évidence le fait que les responsables de 32 bureaux de vote n’avaient pas vérifié les enregistrements des votes nuls.
Ce qui change
Rudy Giuliani, ancien avocat de Donald Trump, a réagi vivement à cette admission, estimant que cela prouve qu’il avait raison de contester les résultats de l’élection en Géorgie. Il a déclaré, avec une certaine virulence : « Si 315 000 votes avaient été retirés du comté de Fulton parce qu’ils étaient illégaux, comme ils auraient dû l’être, Trump aurait remporté l’élection par environ 40 000 voix, peut-être 50 000 voix. Je m’attends donc vraiment à ce que les gens qui m’ont attaqué en Géorgie viennent me baiser les pieds. Rien de moins n’est acceptable. »
Par ailleurs, le ministère de la Justice américain a intenté une action en justice contre les responsables du comté de Fulton afin d’obtenir des documents électoraux sensibles, notamment tous les bulletins de vote, les enveloppes de signature et les fichiers numériques correspondants. Le ministère justifie cette démarche par la nécessité de garantir le respect des lois électorales fédérales et d’enquêter sur des « anomalies inexpliquées » dans le dépouillement des votes.
Prochaines étapes
Il faudra suivre de près l’évolution de l’enquête du ministère de la Justice et la réponse du comté de Fulton à la demande de documents. La décision du tribunal concernant la production des documents électoraux sera cruciale. De plus, les implications politiques de cette affaire pourraient être considérables, notamment en ce qui concerne la confiance du public dans le processus électoral.
Chiffres clés
- 315 000 : Nombre de bulletins de vote illégalement certifiés dans le comté de Fulton.
- 36 : Nombre de circonscriptions de vote par anticipation où les bandes de tabulation n’ont pas été signées.
- 15 800 $ : Coût des documents électoraux obtenus par David Cross grâce à une demande d’accès à l’information.
Sources
Comité électoral de l’État de Géorgie (SEB), audience du 9 décembre 2025.
Ministère de la Justice américain, communiqué de presse concernant l’action en justice contre le comté de Fulton.
