Le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Thomas Cazenave, a présenté le 3 juillet 2026 un plan de lutte contre le moustique tigre visant à traiter 100 % de l’espace public et des bâtiments publics. Ce dispositif combine la distribution de kits larvicides gratuits aux habitants et un renforcement du traitement des gîtes larvaires.
L’insecte n’est plus une simple nuisance saisonnière. Il est désormais traité comme un enjeu de santé publique majeur. En Nouvelle-Aquitaine, la période d’activité du moustique s’étend désormais de mai à octobre selon Aquitaine Online, une extension favorisée par le changement climatique.
L'urgence est sanitaire. Entre le 1er mai et le 30 novembre 2025, la région Nouvelle-Aquitaine a recensé 160 cas de chikungunya transmis par le moustique tigre, dont cinq à Bordeaux.
L’objectif 100 % : Comment Bordeaux Métropole étend son traitement
L’ambition affichée par Thomas Cazenave est claire : passer d’une couverture actuelle de 40 % de l’espace public à un traitement intégral. Pour y parvenir, la métropole s’appuie sur une cartographie élargie des sites à risque, coordonnée avec les communes.

L’exécution technique repose sur deux piliers institutionnels : le Centre de démoustication de Bordeaux Métropole, qui gère la prévention de proximité et le traitement des gîtes, et l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine, responsable de la veille sanitaire et des enquêtes après la détection de maladies. Selon Sud Ouest, cette mission de terrain est assurée par une équipe de huit agents du centre de démoustication.
Le kit de démoustication : Une stratégie offensive dans le privé
Le constat est sans appel : près de 80 % des gîtes larvaires se situent dans des espaces privés. Sans l’implication des riverains, le traitement de l’espace public reste insuffisant. Pour franchir cette barrière, la ville distribue 2 000 kits gratuits, disponibles à l’Hôtel de ville, à la Cité municipale et dans les mairies de quartier.

Le contenu de ces kits a été conçu pour être simple et respectueux de l’environnement. Chaque poche comprend :
- Des granulés larvicides biologiques (BTi) : Une bactérie, le bacille de Thuringe, qui élimine les larves en quelques heures. Une dose toutes les trois semaines permet de couvrir la saison.
- Du sable : À déposer dans les coupelles de pots de fleurs pour empêcher l’eau de stagner tout en maintenant l’humidité pour la plante.
- Des outils de sensibilisation : Un flyer détaillant les bons gestes et un autocollant.
L’efficacité de ces gestes est significative. Selon les services municipaux cités par Rue89Bordeaux, vider les cendriers, retourner les arrosoirs et nettoyer les gouttières peut réduire jusqu’à 80 % les gîtes larvaires.
Solutions biologiques et lutte intégrée
Le plan ne se limite pas aux produits chimiques ou biologiques. Bordeaux mise sur la lutte intégrée, utilisant des prédateurs naturels et la flore pour limiter la prolifération. L’introduction de gambusies, des poissons voraces de larves de moustiques, est préconisée pour les bassins et les zones d’eau stagnante non vidangeables.

La ville encourage également la plantation d’espèces répulsives comme la citronnelle, le géranium et la lavande, tout en installant des abris pour oiseaux, dont les espèces sont naturellement insectivores.
Une tendance nationale : Comparaison avec d’autres régions
Le défi bordelais s'inscrit dans une dynamique nationale où le moustique tigre colonise des zones autrefois épargnées. Si Bordeaux mise sur des kits physiques, d'autres municipalités adoptent des approches numériques.
Le risque sanitaire est d’autant plus élevé que d’autres régions françaises font face à une explosion des cas autochtones. En Auvergne-Rhône-Alpes, la situation est critique : la région représente 15 % des cas recensés en France. Entre mai et novembre 2025, le nombre d’arboviroses y a augmenté de 25 % par rapport à 2024, avec 51 cas de chikungunya répartis sur six foyers, rapporte Le Progrès.
| Indicateur (Saison 2025) | Bordeaux / Nouvelle-Aquitaine | Auvergne-Rhône-Alpes |
|---|---|---|
| Cas de chikungunya | 160 (dont 5 à Bordeaux) | 177 (cas importés) + 51 (autochtones) |
| Tendance | Passage de 0 à 160 cas | Hausse de 25 % des arboviroses |
| Stratégie principale | Kits gratuits et traitement 100 % public | Surveillance des foyers locaux (Drôme, Isère, etc.) |
L’objectif final n’est pas l’éradication, jugée impossible par les spécialistes, mais une réduction durable de la présence du moustique pour limiter les risques de transmission virale.
Note : Cet article traite de politiques de prévention publique. Pour tout symptôme suspect ou conseil médical personnalisé, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.
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