Publié le 7 novembre 2025 à 21h33. Une vive querelle a éclaté entre le président colombien Gustavo Petro et son ancien ministre de la Justice, Wilson Ruiz, après des échanges acerbes qui ont pris une tournure publique sur les réseaux sociaux, ravivant des tensions politiques et des accusations mutuelles.
- L’ancien ministre Ruiz a critiqué la position du président Petro sur la liste Clinton, l’accusant d’hypocrisie.
- Le président Petro a répliqué en exprimant son inquiétude face au soutien potentiel de personnalités liées au trafic de drogue.
- Cet échange intervient après un discours du président Petro à la COP30, où il a critiqué l’absence de Donald Trump.
L’altercation a débuté lorsque Wilson Ruiz a publié un message sur son compte X (anciennement Twitter) visant directement Gustavo Petro. Il a accusé le président de faire preuve de deux poids, deux mesures, en dénonçant certains individus figurant sur une liste supposée de personnes impliquées dans des activités illégales, tout en tolérant d’autres. Dans son message, Ruiz a écrit :
« Il réclame la liste Clinton et condamne Donald Trump comme étant « contre l’humanité » quand il le souhaite. @petrogustavo rien ne changera tant que vous croirez que vous êtes le propriétaire et le seigneur de la moralité universelle. »
Le président Petro n’a pas tardé à répondre, également sur X, en inversant l’accusation. Il a affirmé qu’il ne s’inquiétait pas de la liste Clinton elle-même, mais plutôt du soutien que pourraient apporter à sa politique des individus impliqués dans le trafic de drogue. Il a déclaré :
« Je ne pleure pas pour la liste Clinton, je pleure pour ceux qui soutiennent que leur président figure sur la liste Clinton sans être un trafiquant de drogue. Je pleure pour vous. »
La dispute s’est poursuivie avec une nouvelle réponse de Wilson Ruiz, qui a exhorté le président à exprimer ses regrets devant les familles des magistrats et des citoyens colombiens assassinés par le M-19, un groupe guérillero auquel Petro a appartenu dans sa jeunesse. Ruiz a tweeté :
« Calmez-vous, président. Je n’ai pas besoin de tes larmes. Déversez-les plutôt devant les familles des magistrats et des Colombiens assassinés par M-19. Il leur doit pardon. »
Cet échange intervient dans la foulée d’un discours prononcé par le président Petro lors de la COP30, qui s’est tenue au Brésil. Il avait notamment critiqué l’absence de Donald Trump à cette conférence sur le climat, soulignant l’importance d’une action mondiale concertée pour lutter contre le changement climatique. Il avait également plaidé pour un investissement de 500 milliards de dollars en Amérique latine et dans les Caraïbes, appelant à la contribution de divers acteurs internationaux, y compris les États-Unis, même avec une contribution modeste de 500 000 dollars, qu’il a qualifiée de « bon marché ».
Le président Petro avait également insisté sur la nécessité pour le progressisme de rester fidèle à ses valeurs fondamentales, affirmant :
« Quand vous voulez parler, nous parlons, mais de la vie, pas de n’importe quoi d’autre. Que faisons-nous ? Le progressisme dont je fais partie doit savoir que le drapeau est sa vie. Il n’y a pas de progressisme fossile car ce serait un faux progressisme. Le progressisme mondial doit clairement définir que son drapeau est de conduire l’humanité vers la vie. »
