Publié le 30 octobre 2025 à 16h21. Une étude scientifique internationale confirme qu’une activité physique régulière, même modérée, réduit significativement le risque de développer un cancer digestif. Cinq heures de marche rapide ou deux heures de jogging par semaine suffisent à obtenir un effet protecteur.
- Une activité physique régulière, équivalant à cinq heures de marche rapide ou deux heures de jogging hebdomadaires, diminue le risque de cancer digestif.
- L’étude montre qu’il n’est pas nécessaire d’augmenter l’intensité de l’exercice pour obtenir un bénéfice supplémentaire une fois ce seuil atteint.
- La cohérence de l’activité physique sur plusieurs années est un facteur clé de protection.
Des chercheurs de l’Université Harvard (États-Unis), ainsi que d’institutions du Brésil, du Chili et de la Corée du Sud, ont mis en évidence un lien direct entre l’activité physique et la réduction du risque de cancer du système digestif. L’étude, publiée dans la revue JAMA Oncologie, révèle qu’un certain niveau d’exercice hebdomadaire offre une protection significative, sans nécessiter d’efforts supplémentaires pour maintenir cet effet.
L’équipe de recherche, composée notamment de Yiwen Zhang, Dong Hoon Lee, Leandro FM Rezende, NaNa Keum et Edward Giovannucci, du Département de nutrition et d’épidémiologie de la Harvard T.H. Chan School of Public Health, a analysé les données de plus de 231 000 adultes participants aux études de suivi des professionnels de la santé, sur la santé des infirmières et sur la santé des infirmières II aux États-Unis. Des collaborateurs de l’Université Yonsei, du Centre de recherche en épidémiologie des maladies chroniques de l’Université fédérale de San Pablo (Brésil) et de la Faculté des sciences de la santé de l’Université autonome du Chili ont également contribué à ce travail.
Les résultats indiquent que le risque de cancer digestif diminue à mesure que l’activité physique augmente, jusqu’à atteindre un plateau. Au-delà de 50 heures MET (équivalent métabolique) par semaine, l’augmentation de l’activité n’apporte pas de bénéfice supplémentaire en termes de prévention. La clé réside donc dans la régularité et la constance, plutôt que dans l’intensité des efforts.
« L’important est la cohérence, et non de se surpasser chaque jour ou d’adopter des routines extrêmes », ont souligné les chercheurs.
Le cancer digestif englobe les tumeurs affectant la bouche, la gorge, l’œsophage, l’estomac, les intestins, le côlon et le rectum, ainsi que les organes tels que le pancréas, la vésicule biliaire et le foie. Il représente près d’un tiers de tous les cancers et environ 40 % des décès liés à cette maladie dans le monde. Des facteurs de risque tels que le surpoids, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool et une alimentation déséquilibrée sont connus pour augmenter le risque, mais l’activité physique apparaît comme un facteur protecteur en contribuant au maintien d’un poids sain, à la réduction de l’inflammation, à l’équilibre de l’insuline et au renforcement des défenses immunitaires.
L’étude a démontré que cet effet protecteur est observé chez les hommes et les femmes, à différents âges et quel que soit leur statut nutritionnel. Les chercheurs recommandent des campagnes de sensibilisation à la santé publique encourageant l’exercice physique régulier, sans nécessairement viser des performances extrêmes. Ils soulignent toutefois que les données reposent sur des auto-déclarations d’activité physique, ce qui peut introduire une certaine marge d’erreur. De plus, la majorité des participants à l’étude étaient des professionnels de la santé et de race blanche, ce qui souligne la nécessité de reproduire ces travaux auprès de populations plus diversifiées.
« Le respect d’une recommandation hebdomadaire d’activité physique soutenue peut être la meilleure stratégie pour minimiser le risque de cancer digestif », concluent les chercheurs de Harvard et leurs collaborateurs. D’autres études sont en cours pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à cet effet protecteur et pour confirmer ces résultats auprès de populations variées.
